個人檔案Stream of Consciousness相片部落格清單更多 ![]() | 說明 |
|
|
5月21日 Les civilisations (3b) : l'IndeVous l'attendiez tous ( Toujours dans la troisième partie de la rubrique "Civilisations". A venir: le Japon
3. L'Extrême-Orient b) L'Inde Le subcontinent indien est diverse et son histoire est riche. Excepté lors de la colonisation anglaise, jamais par le passé l'Inde n'a été entièrement "occupée" par un Empire. En résumé: - 3000-1400 avant J.-C.: civilisation de l'Indus, méconnue. - L'Inde védique (de Veda = connaissance sacrée): deux millénaires dominés par l'invasion et l'installation de peuples aryens venus du Turkestan, qui se sont heurtés aux peuples indigènes déjà présents (pygmées, proto-méditerranéens, centre-asiatiques...). - L'hindouisme, qui apparaît au VIIe siècle, est un syncrétisme d'une ampleur considérable et constitue l'essentiel de la civilisation indienne. Le jaïnisme et le bouddhisme, supportés par les marchands, régressent avec le ralentissement de ces derniers, et connaissent des persécutions. L'Inde se morcelle en nombreux Etats indépendants, avec des langues parfois différentes. D'abord au nord, les brahmanes rassemblent les éléments védiques et post-védiques, les éléments non aryens assimilés depuis longtemps, les nombreux cultes locaux, etc., pour former l'hindouisme, destiné à unifier les religions. - L'Inde musulmane est esquissée dès 711-712 mais n'est réelle qu'à partir de 1206 avec la fondation du sultanat de Delhi. Une politique de terreur est engagée, avec la destruction des temples hindous, des exécutions et des conversions forcées, etc. Les fêtes et palais de Delhi contrastent avec la misère des peuples. Les sultans résistent à peu près au choc des premières invasions mongoles (Gengis Khan, XIIIe siècle). Mais l'Empire affaibli est renversé en 1526 par la poudre à canon de Barber, un musulman orthodoxe blanc et sunnite, qui fonde l'Empire du grand Mogol, qui durera jusqu'en 1857. - L'Inde anglaise (1757-1947): Dès 1498 avec Vasco de Gama, les portugais occupent l'Inde (avec leurs comptoirs), puis les français, les hollandais et surtout les anglais à partir de 1757 (victoire de Robert Clive), dominant l'Inde sans difficulté grâce à leur supériorité économique. Le pays devient un marché producteur de matières premières, la population se faisant exploiter. L'Inde est alors rurale et les paysans (ryots) très pauvres. Ce n'est qu'à partir des années 1920 que les industries modernes apparaissent, aidées par l'intervention de capitalistes hindous et l'essor de grandes villes.
Vishnu (aka Narayana) Krishna
4月26日 Le modèle sociétaire suédois, et les valeurs fémininesAttention, billet très long en vue :) Ceci est un dossier appelé "projet personnel en humanités" que je dois faire pour mon école. A vrai dire, je ne l'ai pas encore présenté et c'est fort possible que je le modifie un peu ultérieurement, mais le principal est là. Peut-être que ça pourra intéresser quelques lecteurs particulièrement patients
Le modèle sociétaire suédois ou la prédominance des valeurs féminines
Sommaire :
Introduction I – Histoire et spécificités du modèle suédois
1.1 Les principales valeurs 1.2 Les autres aspects de la société suédoise 1.3 Les indices du PNUD
II – Des valeurs féminines
Conclusion Bibliographie
Introduction De nos jours, on a tendance à faire des distinctions presque binaires entre les différentes civilisations et les types de sociétés : ainsi on parle souvent de l'opposition Nord/Sud ou Occident/Orient, et on pense que toutes les sociétés occidentales suivent plus ou moins le même modèle (culturel, économique, politique, etc.). Cependant, il est facile de se rendre compte que la situation est plus complexe qu'elle n'en a l'air, et la Suède en est un bon exemple par son modèle sociétaire relativement original. Je vais dans un premier temps exposer ce qui caractérise le modèle suédois, tant ses points forts que ses limites, puis je vais montrer que les valeurs féminines qu'il prône sont sans doute l'avenir de la société humaine. Pour traiter ces questions, je me servirai en grande partie de mon expérience personnelle puisque j'ai fait une année d'échange Erasmus à Stockholm en 2003/2004 et ainsi pu discuter avec de nombreux suédois.
I – Histoire et spécificités du modèle suédois
1. Fondements et points positifs Faisons un peu d'histoire moderne, car il n'est guère utile de traiter l'ère viking (jusqu'en 1050) et scandinave. Depuis 1905 et la libéralisation de la Norvège, la Suède vit en paix et en quasi-neutralité. La dernière constitution date de 1974 (dernier amendement en 1980), modernisant celle de 1809. La monarchie (premier roi en 1523) n'est plus que symbolique : le roi reste officiellement le chef de l'Etat, mais ses fonctions sont purement honorifiques. Comme en France par exemple il s'agit en réalité d'une démocratie parlementaire ; la souveraineté nationale élit les représentants du Riksdag, qui légifère et désigne un gouvernement qui est responsable devant celui-ci. Le développement économique n'a commencé qu'autour de 1890. C'est à partir des années 1930 avec l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement de sociaux-démocrates que les principales valeurs suédoises de bien-être se sont mises en place, surtout dans les années 1940-50, puis se sont globalement conservées malgré quelques crises économiques et politiques. Depuis 1995, la Suède est membre de l'Union Européenne (UE), mais pas de l'Union Economique et Monétaire (UEM) européenne. Quelles sont donc ces valeurs suédoises qui font aujourd'hui la particularité de la Suède (et à plus faible degré, des autres pays scandinaves et nordiques) ? Je vais maintenant énoncer celles dont je me suis vraiment rendu compte pendant mon séjour là-bas.
1.1 Les principales valeurs a) Egalité, Respect, Honnêteté, Liberté Egalité : c'est sans doute la valeur la plus importante aux yeux des suédois. L'idée est que tout le monde doit avoir des droits plus ou moins similaires et la même chance de réussite dans la vie. La France revendique aussi souvent cette valeur (cf. la fameuse devise "Liberté, égalité, fraternité" de 1789) mais son système est plus élitiste et discriminant que celui de la Suède.L'égalité en Suède se manifeste notamment chez les habituels "rejetés" de la société : les personnes âgées et handicapées y sont bien aidées, avec toute l'infrastructure nécessaire pour faire circuler les fauteuils roulants, en plus d'aides financières pour les handicapés les permettant de vivre plutôt que de survivre et de réaliser un véritable projet de vie. Les lapons (ou saamis), au nord, sont aussi respectés dans leurs différences : la Finlande, la Norvège et la Suède ont créé conjointement un conseil pour la coopération sur les questions saami. Les éleveurs de rennes (encore nombreux chez les lapons) sont protégés par l'Etat, ainsi que leur territoire. Pendant mon année d'échange à Stockholm, un de mes projets scolaires - le plus important d'entre eux - était d'installer des hotspots Wi-Fi en Laponie, dans le cadre d'un projet plus ambitieux intitulé "Saami Network Connectivity" visant à donner l'accès à Internet aux populations nomades lapones, sachant qu'aucune infrastructure classique (en termes de réseaux de communication) n'est disponible là-bas. Ce projet coûteux et non rentable est un bon exemple de la volonté du gouvernement suédois de ne pas faire d'exclus. L'égalité homme-femme est une volonté forte, dans le monde du travail, de la politique, de la famille, etc. Ainsi un amendement constitutionnel fut apporté en 1980 à la loi de succession au trône, et la couronne revient, sur un pied d’égalité, aux femmes comme aux hommes. Il existe de nombreuses lois contre la discrimination des sexes. Aujourd'hui, plus de 45 % des parlementaires sont des femmes (record mondial). Signe d'égalité et de disponibilité, les hommes politiques n'étaient pas entourés de gardes du corps avant l'assassinat de Anna Lindh le 11 septembre 2003 dans un grand magasin de la capitale. J'étais dans la ville pendant cette période-là et j'ai pu constater le choc émotionnel que cela a provoqué dans la population. Terre d'immigration, la Suède accorde aussi à ses étrangers certains droits civiques ("demi-naturalisation") ; ainsi les non-citoyens ont le droit de vote pour les élections locales. Respect et honnêteté sont d'autres valeurs importantes aux yeux des suédois. Les piétons sont très respectés et les voitures s'arrêtent toujours devant eux. Il y a aussi très peu de vols et les gens sont honnêtes (on peut parler d'un certain culte de la transparence et de l'honnêteté). La galanterie est de mise. Les gens ne se bousculent pas dans les lieux publics (arrêts de bus, commerces, administrations…), et forment des files d'attente naturellement (le système de tickets est généralisé). J'ai pu remarquer au cours de mes différents voyages en Europe que cela est un peu la marque des pays du nord par opposition aux pays latins dans lesquels les gens ne sont pas aussi polis, honnêtes ni patients… La Suède est un Etat non laïc : elle a une Eglise établie (Eglise de Suède, luthérienne, représentant 85% de la population) à laquelle le roi appartient, mais respecte les autres religions (Eglise de Pentecôte, islam, catholicisme, orthodoxie, judaïsme, etc.). Elle prélève un impôt sur tous les citoyens qui peuvent choisir à quelle organisation religieuse cet impôt doit être remis, comme en Allemagne me semble-t-il. Sur l'épineuse question de la tolérance des courants extrémistes, le Parlement a décidé de ne pas interdire les groupes d'extrême-droite mais a adopté de solides lois antiracisme et cherche à s'attaquer aux causes. Des projets communs entre la police, les écoles et les centres pour la jeunesse ont fait baisser les tensions ethniques et ont offert des activités alternatives pour les jeunes. La liberté de la presse est totale car la censure des médias est interdite, et le principe de transparence est inscrit dans la constitution. à L'accent est donc mis sur le respect des opinions (dans la limite de la tolérance), des différentes communautés ethniques, des religions, des habituels exclus, des sexes, des gens, de la nature, et sur la lutte contre toute forme de discrimination. b) Bien-être, Confort, Nature, Ecologie Ce sont d'autres valeurs fondamentales de la société suédoise, qui sont également réputées à l'étranger. Je les ai constatées partout en Suède, du nord au sud, des petites villes à Stockholm. L'air est sain, les villes propres, les trottoirs larges, les aires de jeux et parcs ne manquent pas. La nature (forêts, lacs) est protégée et omniprésente même dans les grandes villes (cf. Stockholm bâtie sur plusieurs îles !). Marque d'une politique socialiste, les services publics sont particulièrement développés, et les réseaux de transport (métro, bus, bateaux, bacs, autoroutes, trains, pistes cyclables…) et de télécommunications sont denses. Ce qui a frappé de nombreux étudiants d'échange (sauf peut-être les allemands), c'est aussi la qualité du traitement des déchets. Dans les cuisines communes, il y avait 4 ou 5 poubelles différentes pour permettre un tri optimal, en vue du recyclage des déchets. De même, les canettes sont consignées (l'argent de la consigne est récupérable dans tous les supermarchés) et les sacs plastiques sont payants. Il existe aussi une certaine culture de l'aménagement intérieur et du design en vue du bien-être (cf. IKEA). A l'université les suédois apprennent "comment apprendre" ; le savoir pratique et la créativité (pour soutenir l'innovation) tiennent une place importante dans l'éducation. Les suédois sont particulièrement impliqués dans les projets Agenda 21 sur le développement durable. Par ailleurs, 40% de l'énergie produite est issue de sources d'énergie renouvelable (essentiellement hydroélectrique). à L'accent est mis sur le bien-être social et naturel, le respect de l'environnement, le développement durable, la propreté et le confort pratique. c) Famille, enfance, personnes âgées La famille constitue une autre préoccupation majeure de la politique suédoise. Maintenant que l'économie s'est redressée après les années de crises du début des années 1990, les pouvoirs publics agissent largement en faveur de l'enfance et de la famille, avec entre autres mesures le relèvement des allocations familiales, l'allongement de l'assurance parentale et la baisse des redevances d'accueil de l'enfance. A l'heure actuelle, la natalité est relativement faible, ce qui n'était pas le cas lors des trois dernières décennies. Ainsi, les places d'accueil de l'enfance ne manquent plus. Les allocations familiales sont l'une des bases d'une protection sociale universelle ; l'intention du gouvernement est qu'elles contribuent à réduire les écarts entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n'en ont pas (volonté d'égalité, toujours). L'assurance parentale permet aux parents de prendre un congé indemnisé à 80% du revenu pendant 390 jours, à partager entre les deux parents. Ils ont droit à 90 jours de congés supplémentaires mais payés moins cher. Presque tous les pères suédois prennent un congé parental au moment de la naissance d'un enfant. Les mères comme les pères peuvent en outre prendre un congé pour soigner un enfant malade. Ces avantages sociaux peuvent paraître incroyables pour de nombreuses sociétés occidentales dites riches et sociales ! Par ailleurs, l'avortement est considéré comme un droit et est gratuit. Les couples en union libre ont les mêmes droits que les couples mariés. Lors d'un divorce, la personne la plus pauvre est favorisée. La Suède est aussi l'un des rares pays à autoriser l'adoption d'enfants étrangers aux couples homosexuels. Concrètement, il y a beaucoup d'autres choses qui vont dans le bon sens. Tout ou presque est accessible aux handicapés et aux mamans avec poussettes : trottoirs et planchers des bus abaissés, rampes d'accès et/ou ascenseurs dans les lieux publics, places réservées dans les transports en commun, signaux sonores aux feux rouges, nombreuses crèches, etc. En cela l'avance prise sur la France est considérable (il suffit d'interroger les handicapés moteurs français pour s'en rendre compte). Au niveau des retraites, il y a trois types de pension depuis la grande réforme de 1994 (décidée très tôt par rapport à la France) : une pension professionnelle, une pension financée par capitalisation et une pension garantie (pour les personnes qui n'avaient que des revenus modiques ou pas de revenu). Les pensions sont basées sur les revenus de toute la vie et indexées sur la croissance économique en Suède. Par ailleurs, l'espérance de vie est très longue. à L'accent est mis sur la protection des femmes, des enfants, des personnes âgées et des familles. d) Solidarité Les suédois payent énormément d'impôts mais j'ai remarqué qu'ils ne s'en plaignaient pas trop puisqu'une grande partie leur est reversée en aides sociales et qu'ils ne partagent pas les valeurs ultra-libérales (en économie). En plus des aides pour les familles, les étudiants et les travailleurs (voir plus loin), on peut aussi citer par exemple la gratuité des frais dentaires jusqu'à l'âge de 19 ans ! Les suédois sont aussi relativement généreux au niveau de l'aide au développement des pays pauvres. Pour information, le taux de prélèvements obligatoires est de 55%, ce qui est le record mondial (contre 46% en France et 35% aux Etats-Unis) et montre bien le degré de socialisme du système (voir aussi l'IDH, § 1.3). à L'accent est mis sur la protection et l'assistance sociale. e) High-tech La Suède est un pays très moderne qui a beaucoup misé sur les nouvelles technologies (cf. les multinationales Ericsson, Tele2…). D'ailleurs depuis 4 ans, la Suède décroche le titre de "IT nation worldwide" (les autres pays nordiques étant très bien classés eux aussi). Elle détient aussi le record mondial en pourcentage de budget recherche/PIB, avec 4,1%, ce qui lui assure une certaine avance technologique à l'avenir. Ce sont les leaders mondiaux dans le sans-fil, notamment (le campus dans lequel j'étudiais, Kista, est parfois considéré comme la 2nde Silicon Valley du monde). La vie de tous les jours est également moderne. Beaucoup de choses peuvent (ou doivent) se faire sur Internet, ce qui est à la fois plus pratique, économique et rapide (par exemple, je payais mes factures de loyer sur Internet avec l'aide d'un combiné électronique pour plus de sécurité). A Stockholm, le téléphone portable marche même dans le métro (à comparer avec Paris où la couverture n'est même pas totale à l'extérieur !). Le taux d'équipement en téléphones portables et connexions Internet est parmi les plus élevés au monde. Dans les trois campus suédois que j'ai fréquentés (KTH, Kista et Lund) les salles informatiques étaient modernes, bien équipées (accès Wi-Fi presque généralisé) et sécurisées (système de badges). En Laponie, j'ai vu des éleveurs de rennes équipés d'appareils photo numériques dernier cri… à L'accent est mis sur l'innovation, la créativité, la modernité et les nouvelles technologies. f) Sécurité Les mesures de sécurité sont en général assez strictes. L'âge minimal pour partir en croisière ou aller en discothèque est étonnamment élevé (souvent plus de 20 ans). Egalement, quand il y avait des fêtes organisées à l'université, il fallait souvent prouver son identité avec une carte spéciale, et le franchissement des "barrages" pouvait durer ainsi très longtemps. Dans les lieux publics, le nombre de places est limité, le nombre de personnes régulé pour éviter les effets de foule (je m'en suis rendu compte en assistant à des concerts, notamment, qui étaient beaucoup plus surveillés qu'en France). D'un autre côté, jusqu'à peu (l'assassinat d'Anna Lindh par un déséquilibré), les hommes politiques se déplaçaient sans garde du corps et la criminalité semble basse. Je ne me suis jamais senti en insécurité à Stockholm, et je ne connais pas l'existence de quartiers "chauds". La sécurité routière est également un enjeu. On ne peut pas désactiver les phares sur les voitures, qui sont permanents, même le jour, même l'été, et ce pour réduire le nombre d'accidentés de la route (on y vient progressivement en France). De même, le taux d'alcoolémie maximal autorisé pour prendre le volant est de 0,2 g/L, ce qui est très bas (0,5 en France). De façon générale, la lutte contre la drogue, la criminalité et la prostitution est très efficace en Suède. à L'accent est mis sur la sécurité et la protection des habitants.
Je pense que ce que je viens d'énoncer constitue les principales valeurs suédoises. Parlons maintenant d'autres grands thèmes de société…
1.2 Les autres aspects de la société suédoise a) Education, travail et économie L'école est obligatoire et gratuite de 7 à 16 ans : tous les frais, même annexes (transport, repas, livres…) sont alors couverts ! Il existe des écoles spécialisées pour les enfants ayant des problèmes. Les universités sont également gratuites, mais les étudiants doivent payer les frais annexes qui sont d'ailleurs assez chers (par exemple, les manuels sont tellement chers que j'ai dû choisir certains cours en fonction de leur coût !). En Suède c'est assez facile de rentrer dans n'importe quelle université pour y faire ses études (pas d'équivalent à Polytechnique et son prestige : il n'y a pas de difficulté particulière à intégrer l'école royale, KTH). Elles sont aussi très ouvertes aux étudiants étrangers, étudiants d'échange (environ 700 à KTH !) mais aussi étudiants en programme international (avec des Masters enseignés en anglais - ceux que je suivais principalement d'ailleurs). Au niveau financier, tous les étudiants (en vertu de la valeur d'égalité) ont droit (s'ils le désirent, et il y a le choix entre différentes formules) à une bourse/prêt ("CSN") d'environ 6500 SEK (plus de 700 euros) par mois pendant 6 ans, dont ils devront rembourser les 2/3 quand ils travailleront (ça dépend des études). Le taux d'intérêt est faible et le remboursement automatique, pris sur le premier salaire. Le travail demandé aux étudiants n'est pas énorme, les crédits ECTS généreusement attribués pour les cours et les examens souvent faciles. Les campus sont très modernes (du moins à Stockholm) : l'accès Wi-Fi est quasi-généralisé, presque chaque site a sa page Web (avec les cours téléchargeables, ce qui n'encourage pas forcément l'assiduité) et sa mailing-list (très pratique pour s'entraider entre étudiants, voire avec le prof), il faut une carte magnétique pour pénétrer dans certains couloirs, la vidéoconférence est utilisée (par exemple lors de mon projet avec les lapons), etc... Alors que pour certains aspects les suédois sont plutôt stricts, en cours ils sont "cool", arrivent en retard, n'hésitent pas à manger, boire et surfer sur le Web en même temps (écrire un mail pendant un cours y est chose courante !), etc. Dans l'entreprise aussi, le travail n'a pas l'air énorme, et le vendredi ils travaillent moins. Environ 37 heures par semaine, et 5 semaines de congés payés par an, avec une forte syndication et protection sociale et un taux de chômage faible (4% en 2002) grâce à une prise en charge par l'Etat. Pourtant l'économie se porte plutôt bien grâce au dynamisme, à la compétitivité et au subtil compromis entre l'interventionnisme (incitatif) et la liberté créative. Pour citer quelques entreprises célèbres : Ericsson, Saab, Volvo, Electrolux, IKEA, ABB, H&M, Absolut, Astra-Zeneca, Skf, Mercuri Urval... Comme dans tout pays moderne le secteur tertiaire est désormais largement majoritaire. Malgré la très lourde taxation des salaires, la Suède est un pays qui attire énormément d"investisseurs étrangers, séduits par la géographie, la qualité des infrastructures, le dynamisme, la recherche, les faibles impôts sur les sociétés, l'administration efficace et les salaires relativement faibles. Le "world economic forum" de Genève a d'ailleurs élu la Suède comme le 3ème pays le plus compétitif au monde en 2003. b) Culture Il y a du bon et du moins bon dans ce domaine. Ainsi la (bonne) nourriture traditionnelle a quasiment disparu au profit de nourriture de type fast-food peu ragoûtante. J'ai pu constater que les köttbullar (boules de viande) étaient le plat le plus commun, et le soir du concombre sur du pain Wasa ! Les hot dogs sont parfois appelés "French hot dog" parce que le pain utilisé est de type baguette... On trouve beaucoup de beurres parfumés et de sauces en tube presque répugnantes... Cependant quelques traditions culinaires perdurent lors des réunions de famille (avec le fameux buffet suédois : smorgasbod) et il y a de nombreux chefs cuisiniers très respectés. Etonnamment, les suédois sont les deuxièmes plus gros consommateurs de café du monde. Au niveau musical, la pop est reine (remember Abba...), et j'ai pu vérifier avec plaisir que les suédois ont une culture rock dans l'ensemble, beaucoup plus qu'en France par exemple. La Suède est surtout l'un des plus gros producteurs et exportateurs de musique au monde (3ème rang), étonnamment. Il y a beaucoup de groupes locaux, de qualité variable. La scène métal suédoise (Opeth, Katatonia, etc.) est parmi les meilleures au monde, bien que beaucoup de suédois l'ignorent. Certains groupes pop-rock ont une dimension internationale (The Hives, The Cardigans, etc.). Un aspect important du modèle suédois et qui est, je pense, un énorme bon point : tous les films et émissions télévisuelles sont diffusés en version originale avec des sous-titres suédois, à part les émissions pour enfant qui sont doublées. C'est d'ailleurs une conversation qui revient très souvent entre les français et les suédois, qui ne comprennent vraiment pas le système français en la matière (et j'avais beaucoup de mal à le justifier, étant d'accord avec eux). En tout cas cela explique en grande partie pourquoi les suédois parlent si bien anglais, surtout les jeunes. Une trentaine de longs métrages de cinéma sont produits par an ; rapporté à la population c'est comparable à la production française. Impossible de ne pas citer Ingrid Bergman bien sûr, l'un des plus grands réalisateurs de tous les temps. Aujourd'hui, Lukas Moodysson ("Fucking Amal", "Tillsammans", "Lilja 4-ever") est très populaire également. Les principaux loisirs des suédois sont, d'après ce que j'ai observé, le sport (innebandy, musculation, ski, patinage, vélo et randonnées...), le sauna et le solarium (UV). C'est d'ailleurs assez marrant de constater le "culte" voué au soleil : dès qu'il y a un rayon de soleil et qu'il ne fait pas trop froid, les pelouses sont occupées par des suédois en maillots de bain qui cherchent à bronzer. En hiver, le solarium remplace le soleil, ce qui fait que nombre de suédois ont l'air bronzé toute l'année (bien aidés par leur type de peau, il est vrai). Les traditions sont nombreuses ; je citerai : la fête de la sainte Walpurgis, la Saint-Jean, la Sainte Lucia (fête italienne à l'origine), Noël avec ses pepperkakor et glögg, la fête des écrevisses, mardi-gras (avec pâtisserie spécifique : semlor), etc... c) Les gens Les suédois constituent un mystère, et on entend tout à leur sujet : ils sont réputés froids, mous, lisses, uniformes, réservés, ennuyeux ; mais aussi beaux, blonds, riches et forts (pour faire court). C'est difficile et stupide de généraliser, car on peut trouver évidemment de tout ; mais j'estime qu'il y a une bonne part de vérité dans ces clichés. Ils sont souvent sportifs, actifs, distants mais polis. Ils sont assez ambitieux mais aussi quelque peu négatifs, voyant souvent les choses par leur mauvais côté. Il n'y a pas tellement de classes ; les différences de richesse sont limitées et la plupart des gens appartiennent à la classe moyenne. Je n'ai d'ailleurs jamais vu le moindre SDF en Suède (de toute façon, ils auraient du mal à survivre au climat…). En discutant avec nombre d'entre eux, j'ai remarqué que beaucoup de suédois pensent que leur modèle est le meilleur au monde et ils en sont très fiers ; c'est un bon endroit pour vivre, et ils sont assez riches pour voir ce qu'il se passe dans le monde extérieur. D'ailleurs ils adorent voyager, et la plupart des étudiants après leur bac se prennent une ou deux années sabbatiques pour voyager (au soleil souvent), ou étudier à l'étranger (ils sont doués pour l'anglais, et les langues en général). Cela explique aussi pourquoi les étudiants sont relativement vieux (deux ou trois ans de plus que moi pour le même niveau d'études). Quant aux suédoises, ce n'est pas un mythe, elles sont effectivement blondes, grandes et belles pour la plupart. C'est sûrement dû au fait que les suédois ne se mélangent pas trop aux étrangers (environ 10% de la population, avec une politique d'immigration incitative - car autrement la population diminuerait). L'alcoolisme scandinave n'est pas un mythe non plus. Pour l'enrayer, l'alcool (de degré supérieur à 3,5%) est interdit de vente depuis un certain temps, à part dans des magasins d'état appelés System Bolaget aux horaires très limités. L'alcool et les cigarettes sont très taxés, ce qui n'empêche pourtant pas beaucoup les suédois (comme les autres scandinaves) de se soûler le week-end de façon assez impressionnante, et pas seulement les étudiants. Il faut prendre les bus de nuit pour le constater pleinement. Les week-ends dénotent avec le calme apparent du reste de la semaine, plus consacré au travail. Les croisières sont une bonne illustration de l'alcoolisme suédois. Il existe en effet des croisières spéciales Stockholm - Helsinki tellement courtes qu'il n'y a pas le temps de descendre dans la ville d'arrivée ; en réalité le but du voyage est de profiter du bateau, et surtout des magasins duty free qu'il contient et qui proposent une grande variété d'alcools et de cigarettes, notamment. Ainsi, malgré la surveillance des autorités, il n'est pas rare de croiser des suédois et finlandais ivres morts partout dans le bateau (pour avoir fait deux fois la croisière, je peux l'affirmer). De plus, au-delà d'une certaine somme dépensée dans les magasins du bateau, les futures croisières sont gratuites. De même, entre la Suède et le Danemark des bateaux pleins d'alcool circulent, l'alcool étant moins taxé au Danemark. Les chansons à boire (dont il existe souvent des traductions phonétiques en anglais ! par exemple, "Helan går" devient "Hell and gore") sont aussi nombreuses qu'en France. Les représentants de la Suède à l'étranger (ou les icônes) sont principalement Alfred Nobel et Abba.
1.3 Les indices du PNUD Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) publie chaque année un rapport sur le développement humain dans le monde. Il est intéressant de regarder les résultats obtenus par la Suède, qui corroborent les observations et les propos tenus plus haut (rapport 2004 [4]). a) IDH : Indice du Développement Humain (chiffres de 2002) L'IDH est un indice composite qui mesure l'évolution d'un pays selon trois critères de base du développement humain : santé et longévité (mesuré d’après l’espérance de vie à la naissance), savoir (mesuré par le taux d’alphabétisation des adultes et le taux brut de scolarisation combiné du primaire, du secondaire et du supérieur), et un niveau de vie décent (mesuré par le PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat en dollars US (PPA)). 1. Norvège 0,956 b) ISDH : Indicateur Sexospécifique du Développement Humain L'ISDH mesure les avancées sur les mêmes critères et les mêmes indicateurs que l'IDH, mais incorpore aussi les inégalités de traitement entre les femmes et les hommes. 1. Norvège 0,955 En Suède l'IDH et l'ISDH sont très proches, ce qui prouve l'attention faite à l'égalité des sexes dans ce pays. La Finlande et le Danemark remontent respectivement à la 10ème et 13ème place. c) IPF : Indicateur de la Participation des Femmes L'IPF révèle si les femmes prennent une part active à la vie économique et politique. Il se concentre sur l'inégalité des sexes dans les domaines-clefs de l'économie, de la participation politique et de la prise de décision. Ses critères sont le nombre de femmes parlementaires, occupant des fonctions de représentation parlementaire, de direction et d'encadrement supérieur, des postes d'encadrement et fonctions techniques - ainsi que la différence de revenu entre les sexes, qui reflète l'indépendance économique. Au contraire de l’ISDH, l’IPF montre l’inégalité des chances dans certains domaines choisis. 1. Norvège 0,908 d) IPH : Indice de Pauvreté Humaine L'IPH se concentre sur la part de la population en dessous du seuil des critères de base du développement humain, un peu comme le décompte de la pauvreté mesure la part de la population en dessous d’un seuil de revenu. Pour les 17 pays pour lesquels on dispose d'informations, la pauvreté humaine selon l'IPH-2 (pays de l'OCDE à revenu élevé) varie de 6,5% en Suède à 15,8% aux Etats-Unis - ce qui montre bien les différences dans les manières de redistribuer les fruits du développement humain entre ces deux pays, et l'importance de l'exclusion sociale aux Etats-Unis. 1. Suède 6,5% En conclusion, tous les indices de l'ONU sont très favorables à la Suède et aux pays nordiques en général, signe que le bien-être dans ces pays est objectivement élevé.
2. Limites et paradoxes C'est donc un modèle très socialiste (avec une "dictature" de la classe moyenne), mais loin du communisme. On peut dire que c'est une application intelligente des concepts marxistes (d'égalité) tout en laissant la liberté d'entreprendre (libéralisme). Il n'y a pas de sociétés "commerciales" publiques mais un record de petits actionnaires. C'est une description assez idyllique, voire utopique, mais la réalité l'est moins, car il y a des limites et des paradoxes à ce modèle. Si la Suède était le paradis sur Terre, cela se saurait ! Ainsi j'ai été (désagréablement) surpris de voir qu'il n'existe quasiment aucune réduction (pour les étudiants, les chômeurs…) pour le cinéma, la culture en général, les transports, etc., qui coûtent tous très cher. De façon générale la vie est très chère et les impôts élevés, mais c'est le prix à payer pour une société de services aussi sociale. Idem pour les soins médicaux, gratuits ou bon marché avant 20 ans puis brutalement chers et peu remboursés. Mais les étudiants et les suédois dans l'ensemble ne manquent pas tellement d'argent de toute façon. Autre inconvénient : à cause de la société égalitaire, il n'y a pas de gros esprit de compétition et tout le monde ou presque est un citoyen lambda, uniforme ; ce qui explique pourquoi beaucoup de suédois disent qu'ils s'ennuient, malgré leur prospérité et leur niveau de vie globalement élevé (dont ils ne se rendent plus toujours compte). Il y a de fortes limitations d'âge pour certaines activités (soirées, croisières...). Trouver un logement est très difficile, les listes d'attente pouvant durer des années. Sur un forum d'expatriés, voici quelques autres points négatifs qui ont été relevés, et qui me paraissent contradictoires avec la logique du modèle :- Sais-tu que les grilles de salaires sont ici très officiellement réparties en colonnes hommes/femmes ? et devine qui a le meilleur salaire ? - Qu'ici une femme au foyer est une moins que rien (ou une immigrée mère de famille nombreuse, ce qui est environ synonyme dans le jargon local) ? - Qu'ici on DOIT allaiter son enfant, que le personnel médical n'est pas formé pour expliquer le maniement du biberon ? Selon moi on est quand même femme avant d'être mère, après c'est une question de choix personnel. - Sais-tu que pour un viol c'est trois ans de prison au maximum ? De façon générale, il semble y avoir un certain laxisme dans la législation : par exemple la zoophilie n'est pas illégale, des dauphins se font massacrer, etc. En ce qui concerne les salaires, il est vrai que malgré la deuxième place de la Suède selon l'IPF (indice de la participation des femmes), il y a encore des différences de revenus entre les hommes et les femmes. De plus, dans les conseils de direction, les femmes sont à peine plus de 10%... Pourtant, la part estimée du revenu du travail des femmes sur celui des hommes est de 0,83, ce qui constitue le record mondial. La crise économique apparue dans les années 1990 a légèrement mis à mal la politique d'assistance sociale et fait s'accroître les inégalités. Si on cherche un peu dans le passé, on peut aussi aisément y trouver des choses peu glorieuses. On assiste même en ce moment à une démythification [3] du modèle suédois si réputé. Les lois de stérilisation eugénique, appliquées de 1935 à 1976 sur 62000 suédois (le plus souvent contre leur gré) - handicapés physiques, mentaux ou simples "déviants" atypiques (!) - en sont le pire exemple… On peut aussi facilement remettre en cause l'image neutre de la Suède lors des grands conflits (avec la probable collaboration avec l'Allemagne nazie jusqu'en 1943).
II – Des valeurs féminines 1. Prédominance des valeurs féminines en Suède Commençons par lister les valeurs considérées comme étant féminines : - Beauté, grâce, harmonie, coquetterie ; On a vu dans la première partie que beaucoup de ces valeurs étaient mises en avant en Suède, en particulier le bien-être (environnemental et social) et le souci égalitaire (des sexes et des chances). Les indices du PNUD montrent bien que ça lui réussit : on peut légitimement affirmer que la Suède est en avance sur les autres pays (Norvège exceptée).
2. L'avenir de la société humaine ? "La Femme est l'avenir de l'Homme", disait Louis Aragon dans un vers du Fou d'Elsa, ainsi que l'écrivain surréaliste André Breton. Alors que depuis la nuit des temps les hommes ont dominé les femmes, arriverait-on aujourd'hui à sinon un renversement de situation, au moins une certaine égalité entre les deux sexes ? C'est ce que demande l'article II-83 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne : "L'égalité entre les femmes et les hommes doit être assurée dans tous les domaines, y compris en matière d'emploi, de travail et de rémunération." Politiquement, c'est déjà le cas en Suède, car c'est une loi imposée par l'Etat. Il y a environ 45% de femmes parlementaires, et 55% de femmes siégeant au gouvernement (records mondiaux). Les résultats sont assez évidents : toutes les valeurs féminines énoncées plus haut sont des valeurs positives, aboutissant à un accroissement du bien-être global ; le bien-être, n'est-ce pas d'ailleurs la volonté de tout économiste ? Au niveau de la rémunération, on a vu que l'égalité n'était pas encore respectée, même en Suède. Cependant, il y a aussi des aspects culturel, historique et humain importants à considérer. En Suède, une femme, en tant qu'égale de l'homme, est plutôt mal vue si elle ne travaille pas. Or ce n'est pas forcément une vérité universelle : en Afrique par exemple, la famille passe avant tout et cela n'est pas du tout mal vu qu'une femme reste à la maison pour s'occuper de ses enfants (et neveux…) - c'est d'ailleurs beaucoup de travail déjà ! C'est aussi une question de choix personnel, donc : on vise l'égalité dans le travail mais ce n'est pas forcément ce que chaque femme désire. Fin de la parenthèse. Dans le domaine politique, pourtant, il est évident qu'une décision ou une loi est meilleure lorsque les valeurs masculines et féminines sont équitablement respectées et représentées - donc, a priori, lorsque le Parlement comprend globalement autant d'hommes que de femmes. Pour l'anecdote, on peut reprendre Platon dans Le banquet qui nous raconte que si les androgynes étaient si forts et purent défier les dieux, c’est parce qu’ils étaient un et non-divisés. C’est alors que Zeus prit la résolution de les couper en deux pour les rendre faibles, chacun devant alors retrouver sa moitié, l’homme cherchant la femme, la femme cherchant l’homme afin de retrouver l’unité primitive, l'équilibre des valeurs, l'intégrité, l'unité du féminin et du masculin. C'est une jolie métaphore qui peut être considérée dans la vie familiale mais aussi politique. Dans les entreprises, les femmes prennent aussi peu à peu le pouvoir et occupent de plus en plus les postes à haute responsabilité, ce qui est une bonne chose dans un contexte de mondialisation qui fait beaucoup d'exclus. Je cite Jean-Louis Lespes [6] : "Si le masculin est associé à l’autorité, aux réponses tranchées, à l’unilatéralisme, on comprend qu’il s’avère inadapté. Si au contraire les valeurs féminines sont associées à l’écoute plus qu’à l’imposition, à la nuance plus qu’à l’intransigeance, à la polyvalence plus qu’à la spécialisation, à la polychronie - capacité de faire plusieurs choses à la fois - qu’à la monochronie, à la compréhension des situations complexes, ces valeurs et pratiques seraient plus en phase avec les nouveaux modes de croissance et de direction des entreprises." Je voudrais maintenant prendre un point de vue moins global, plus individuel. D'après le dissident de Freud, Carl Jung, les formes archaïques anima et animus résident au fond de notre âme, indépendantes de toute culture, et se manifestent subtilement sous formes d'essences, de valeurs universelles. Ainsi un homme peut très bien exprimer des valeurs féminines, et vice-versa. Plus que sur une société dominée par les femmes, je pense que c'est à une société dont les valeurs féminines seraient largement représentées qu'il faudrait aboutir, pour le bien de tous - ce que Condorcet, par exemple, exprimait déjà en 1793. Je répondrais donc à André Breton : "L'anima est l'avenir de l'Homme". En tout cas, cela passe par une certaine évolution (voire transformation) de la conscience humaine, pour dépasser le traditionnel patriarcat, les blocages politiques et religieux millénaires largement responsables de la situation actuelle. Et ce changement de mentalité est nécessaire pour que l'idée d'un homme au foyer ne choque pas, et pour qu'on n'ait pas besoin de fixer des quotas pour que l'équilibre soit atteint dans la vie politique et économique… [NB : Il se peut cependant que la faible représentation des femmes en politique ou dans les directions d'entreprises soit due à une question de goût "naturel", hors culture. Je ne peux rien affirmer.] D'ailleurs, le grand sociologue Emile Durkheim a bien montré [9] que chaque société se fait un certain idéal de l'homme, idéal qui est le pôle de l'éducation : l'éducation est donc chose éminemment sociale car produit de la société. Ainsi je pense que les valeurs masculines sont - en grande partie inconsciemment ! - inculquées aux enfants via l'éducation, au détriment des valeurs féminines qui ont du mal à se faire entendre. Idéalement, selon la vision humaniste, l'éducation devrait sublimer les qualités constitutives de l'espèce humaine - et on en revient à l'anima et l'animus jungiens. Je pense que les organisations ou mouvements qui ont abouti à la conférence de Rio, au protocole de Kyoto, à l'ONU, l'UNICEF, la Banque mondiale, l'annulation ou la restructuration de la dette des pays pauvres, l'Agenda 21, le commerce équitable, etc., sont porteuses de valeurs féminines qui doivent lutter face aux pressions politico-économiques globalement porteuses de valeurs masculines - venant des Etats-Unis par exemple. On sent depuis quelque temps que ces mouvements d'idées prennent de plus en plus d'importance, et cela arrive en même temps qu'une certaine libération des femmes, notamment dans les pays musulmans. Ainsi je pense que l'avenir de l'humanité passe par ces prises de conscience globales, par le soutien aux ONG et autres, et cela devra passer aussi et surtout par une éducation différente de nos enfants.
Conclusion Peut-on raisonnablement parler de modèle occidental quand on compare rigoureusement la Suède et les Etats-Unis, par exemple ? J'espère avoir montré que c'est une simplification abusive et que certaines valeurs sociales sont compatibles avec une société moderne, riche, capitaliste et libérale, et qui voit son avenir avec un certain optimisme. Un modèle qui devrait servir de référence aux autres Etats dans ce qu'il a de meilleur, sans doute… Les valeurs masculines de pouvoir, de compétition et de domination ont abouti à l'esclavage, à la destruction de l'environnement, à un capitalisme sans pitié pour les faibles, etc. ; il est grand temps de s'en libérer en faisant preuve de plus de sagesse, de coopération, d'instinct de vie, soit autant de valeurs féminines.
"L'éternel féminin nous tire vers le haut."
Bibliographie (non exhaustive)[1] Portail officiel de la Suède [2] La présidence suédoise de l'UE en 2001 [3] Dominique Lagarde et Benoît Peltier, Une trop parfaite démocratie, L'Express du 18/09/1997 [4] Rapport mondial sur le développement humain 2004 [5] De la Suède au Canada [6] Jean-Louis Lespes, L'irrésistible ascension des valeurs féminines - conséquences économiques, 27 mars 2001 [7] Le principe féminin [8] Serge Carfantan, Philosophie et Spiritualité - La féminité entre nature et culture [9] Emile Durkheim, Education et sociologie
4月19日 Bonjour paresseDans la lignée du billet du 14 mars... Je viens de lire, pour les besoins d'un concours, La société du temps libre de Jean Viard (qui n'est pas follement passionnant, comme tout essai sociologique je trouve ; à la limite, lire la conclusion suffit). Il y a quand même quelques informations qui m'ont estomaqué: - Au 19e siècle, avec ses 11 ou 12 heures de travail quotidien sans week-end ni vacances et son espérance de vie ridicule, la part du travail (hors études) sur le temps total disponible éveillé d'une vie (donc sommeil exclus) allait jusqu'à 70%. La plupart des gens travaillaient donc jusqu'à 40% de leur vie totale (temps de sommeil inclus). On comprend tout de suite mieux l'origine de la pensée marxiste... - Aujourd'hui, en France, on travaille à peine 10% de sa vie totale, ou 14% de sa vie éveillée. Le calcul est simple: 42 ans à 35 heures pour une vie moyenne de 80 ans, ça fait 67,000 heures de travail sur 700,000 heures de vie totale, contre environ 400,000 heures de loisirs, dont 100,000 heures (huit ans !) passées devant la télévision. Ca fait réfléchir... Quand on vous dit que la vie professionnelle n'est pas ce qu'il y a de plus important dans la vie (de fait, le travail n'est plus que le troisième acteur de notre vie éveillée depuis les années 1980) !
3月14日 Histoire de relativiser un peu...Voici la copie conforme (à part la mise en gras) d'un règlement intérieur qui était en vigueur dans une entreprise de Lorraine vers 1830. Finalement, le XXIe siècle a du bon - difficile de se plaindre de travailler 35 heures après avoir lu ça :)
I) Piété, propreté et ponctualité font la force d'une bonne affaire. II) Notre firme ayant considérablement réduit les horaires de travail, les employés de bureau n'auront plus à être présents que de 7 heures du matin à 6 heures du soir, et ce, les jours de semaine seulement. III) Des prières seront dites chaque matin dans le grand bureau. Les employés de bureau y seront obligatoirement présents. IV) L'habillement doit être du type le plus sobre. Les employés de bureau ne se laissent pas aller aux fantaisies de vêtements de couleurs vives. Ils ne porteront pas de bas non plus, à moins que ceux-ci ne soient convenablement raccommodés. V) Dans les bureaux, on ne portera ni manteau, ni pardessus. Toutefois, lorsque le temps sera particulièrement rigoureux, les écharpes cache-nez et calotte seront autorisés. VI) Notre firme met un poêle à la disposition des employés de bureau. Le charbon et le bois devront être enfermés dans le coffre destiné à cet effet. Afin qu'ils puissent se chauffer, il est recommandé à chaque membre du personnel d'apporter chaque jour quatre livres de charbon, durant la saison froide. VII) Aucun employé de bureau ne sera autorisé à quitter la pièce sans la permission de Monsieur le Directeur. Les appels de la nature sont cependant permis et pour y céder, les membres du personnel pourront utiliser le jardin au-dessous de la seconde grille. Bien entendu, cet espace devra être tenu dans un ordre parfait. VIII) Il est strictement interdit de parler durant les heures de bureau. IX) La soif de tabac, de vin ou d'alcool est une faiblesse humaine et, comme telle, est interdite à tous les membres du personnel. X) Maintenant que les heures de bureau ont été énergiquement réduites, la prise de nourriture est encore autorisée entre 11h30 et midi, mais en aucun cas le travail ne devra cesser durant ce temps. XI) Les employés de bureau fourniront leurs propres plumes. Un nouveau taille-plume est disponible sur demande chez Monsieur le Directeur. XII) Un senior, désigné par M. le Directeur, sera responsable du nettoyage et de la propreté de la grande salle, ainsi que du bureau directorial. Les juiniors et les jeunes se présenteront à Monsieur le Directeur 40 minutes avant les prières et resteront après l'heure de la fermeture pour procéder au nettoyage. Brosses, balais, serpillières et savon seront fournis par la direction. XIII) Augmentés dernièrement, les nouveaux salaires hebdomadaires sont désormais les suivants:
Ce "presque utopiques" est particulièrement grandiose, je trouve
3月6日 Les civilisations (3a) : la ChineToujours dans la troisième partie de la rubrique "Civilisations". A venir: l'Inde
3. L'Extrême-Orient a) La Chine - Les dimensions religieuses: -- La vie religieuse chinoise admet plusieurs systèmes mais qui ne s'excluent pas l'un l'autre: "Il y a dans le chinois le plus agnosticiste, ou le plus conformiste, un anarchiste et un mystique latent... Les chinois sont superstitieux ou positifs, ou plutôt les deux à la fois." (Marcel Granet) -- Avant le premier millénaire avant J.-C., il y a déjà une société de villages et de seigneuries, utilisant la charrue, et pratiquant le double culte des ancêtres et des divinités du sol seigneurial. Ainsi on a des groupes familiaux patrilinéaires (Ki, Sseu...) et un polythéisme proliférant: dieu du sol royal (souverain Terre et dieu des morts), dieu du ciel (d'en haut), dieux des montagnes, des quatre mers, des fleuves, etc. qui croit à la survie des âmes, avec une hiérarchie des séjours de l'au-delà (sources jaunes = enfer; temple des ancêtres sur Terre; en haut = paradis) calquée sur les hiérarchies sociales (le commun des éternels ira en enfer, etc.). Les dieux réclament des offrandes et des sacrifices en échange de leur protection. Chaque homme a plusieurs âmes... -- Cette Chine féodale se désagrège entre le Ve et le IIIe siècle avant J.-C. au cours de la crise des "royaumes combattants". Les seigneuries disparaissent au profit de principautés, et après des guerres continuelles l'empire des Han (-206 - +220) impose la paix unificatrice. Cette période rappelle la Grèce du temps de Socrate, avec des politiques, des sophistes (mohisme), etc. En réaction contre l'ancienne religion et la société, le confucianisme se met en place. -- Le confucianisme (ou confucéisme) est une doctrine fondée par Confucius (551-479 avant J.-C.). Ce n'est pas vraiment une religion, mais plutôt un essai d'explication rationaliste du monde et une morale politique et sociale; une attitude philosophique qui n'est pas incompatible avec la religiosité, le scepticisme ou même l'agnosticisme ! C'est aussi l'expression de la caste des lettrés (les "mandarins" ou l'intelligentsia chinoise): des fonctionnaires, administrateurs post-féodaux qui triomphent lors de l'empire des Han. L'empereur Wou fonde en 134 avant J.-C. une Grande Ecole pour enseigner aux lettrés, basée sur cinq livres classiques et sanctionnée par des examens. Ce système subira un grand remaniement au XIIe siècle avec le maître Tchou Hi qui fondera le néo-confucianisme.
-- Le taoïsme est né à peu près à la même époque avec l'enseignement de Lao Tseu ("le Maître", VIIe siècle avant J.-C.), même si le livre contenant la doctrine date du IVe ou IIIe siècle avant J.-C. Il s'agit d'une recherche mystique de l'absolu et de l'immortalité - une religion individuelle de salut. Pour les taoïstes, le tao est un absolu mystique, la puissance première de la vie, "ce par quoi tout devient" (c'est assez obscur). Par l'ascèse, la méditation et la purification, les taoïstes cherchent à atteindre l'union mystique avec le tao éternel, et ainsi l'immortalité et la perfection: "il obtint la pénétration claire, il vit ce qui est l'Unique; [...] il put arriver à l'état où il n'y a ni présent ni passé; enfin, il atteignit l'état où il n'y a ni vie, ni mort." Cette immortalité ne se limite pas au salut de l'âme: c'est aussi l'immortalité du corps, grâce à des "recettes" diététiques, respiratoires, alchimiques (élixir de longue vie)... -- Enfin, le bouddhisme est une religion importée par des missionnaires des Indes et de l'Asie centrale, formée aux Indes entre le VIe et le Ve siècle avant J.-C. A son apogée pendant le règne de l'empereur Açoka (-273 - -236), le bouddhisme est ensuite peu à peu assimilé par l'hindouisme mais rencontre les chinois au IIe siècle avant J.-C. et s'impose véritablement dans l'ensemble de la société chinoise du IIIe au Xe siècle de notre ère. - Les dimensions politiques: La "continuité chinoise" est illustrée par la longévité exceptionnelle de la monarchie impériale: environ 4000 années et 22 dynasties successives (avec quelques interruptions et troubles). Mais la véritable institution impériale ne commence qu'en 221 avant J.-C. (avec l'unité chinoise créée par l'empereur Ts'in Che Houang-Ti) pour finir en 1911-1912 avec la chute de la dynastie des Mandchous (ou dynastie des T'sing, 1644-1911). Ce que fait l'empereur (mandaté par le Ciel) relève à la fois du temporel et du sacré. L'apparat de cette monarchie est extraordinaire, avec de grands spectacles, cérémonies et splendeurs. - Les dimensions sociales et économiques: A la base, la société chinoise est largement agricole, prolétarienne, patriarcale, paysanne et esclavagiste (ce n'est qu'en 1908 que l'esclavage et la vente d'enfants seront (plus ou moins) interdits). Cependant, ce n'est pas une société féodale: de nombreux paysans sont propriétaires de leurs terres, et les "notables ruraux" (chen che) qui sont au-dessus d'eux sont rattachés aux lettrés (propriétaires) qui représentent l'intérêt de l'Etat et empêchent donc toute suprématie de type féodal d'exister. On compte quatre groupes: les lettrés (che), les paysans (nong), les artisans (kong) et les marchands (chang). - La Chine nouvelle: A partir du XVIe siècle, la Chine est touchée par le commerce européen: les portugais, puis les hollandais et les anglais s'adjugent les premières places. Les échanges - fructueux pour les deux parties - portent essentiellement sur l'or, le thé, le coton et les crédits. Mais au XIXe siècle, l'intervention occidentale se fait plus brutale, s'appuyant notamment sur l'Inde anglaise. La Chine vit alors de nombreuses guerres qui la dépècent peu à peu: guerre de l'Opium (1840-1862) contre les anglais et traité de Nankin qui lui fait perdre plusieurs grands ports (dont Shanghai), cession de la Province Maritime aux russes, première guerre sino-japonaise (1894-1895) qui lui fait perdre la Corée, occupation de Pékin, etc. C'est le temps des "traités inégaux" (1839-1949) où la Chine se fait démanteler économiquement et envahir culturellement et religieusement.
Confucius Bouddha (prince Siddharta Gautama aka Sakyamuni)
3月5日 Les civilisations (3) : l'Extrême-OrientTroisième partie de la rubrique "Civilisations". Introduction générale sur l'Extrême-Orient. A venir: la Chine
3. L'Extrême-Orient - Au niveau géographique, l'Extrême-Orient est en gros un monde tropical et subtropical, mais avec aussi des zones arides (Inde) et froides (Chine septentrionale): bref, il y a une grande diversité climatique. - En revanche, la civilisation originelle (avant tout celle de l'Inde et de la Chine) est très ancienne, matérielle et monotone, une "civilisation exclusive du végétal": très peu de viande, beaucoup de riz, etc. Un régime végétarien en somme, qui limite le gaspillage et facilite l'agriculture (la riziculture - commencée avec le second millénaire avant J.-C. - n'a pas besoin de jachère). Une conséquence importante: une forte démographie (100 millions d'habitants dès le XIIIe siècle en Chine et au XVIIIe en Inde). Les rizières impliquent un système d'irrigation artificielle qui aurait favorisé l'établissement de régimes autoritaires et bureaucratiques. - D'immenses zones de l'Extrême-Orient restent (encore !) primitives ou sauvages et vivent d'agriculture itinérante et primitive. Ces peuples isolés "mangeurs de forêts" sont bien sûr minoritaires mais occuperaient près de 60 % du territoire chinois par exemple ! Ces populations chinoises "non sinisées" sont les Tchouangs, les Miaos, les Lis, les Thais, les Yis, les Hoveis, les Yaos... De plus, la terre des hommes sauvages est aussi le domaine des animaux sauvages (tigres, lions, crocodiles, etc.). - Les barbares venant des déserts et des steppes (Chine et Inde du N-O abritant des peuples pasteurs pillards et vulgaires: turcs, turkmènes, khirgiz, mongols...) troublent les peuples sédentaires jusqu'au milieu du XVIIe siècle (arrêtés par la poudre à canon) avant d'être réduits à vivoter misérablement. Mais leurs fantastiques déferlements ont retardé de façon importante les grandes civilisations en place (la Chine étant en outre déjà relativement isolée par le désert de Gobi et la Grande Muraille, érigée dès le IIIe siècle avant J.-C.). - Les grands mouvements conquérants (des mongols essentiellement) sont des tueries épouvantables (des millions de morts). Pékin est prise respectivement en 1215 puis en 1644 par les mongols et les mandchous; Delhi en 1398 et 1526 par des barbares musulmans... - Il y a donc une sorte d'immobilisme culturel millénaire: pérennité sociale (système indien des castes, hiérarchie familiale et sociale chinoise) et religieuse (hindouisme en Inde, culte des ancêtres et des dieux de la nature perpétué à travers taoïsme, confucianisme et bouddhisme en Chine). Ces civilisations ont atteint très précocément une maturité remarquable et n'ont pas tellement évolué au cours du temps, malgré une certaine adaptation à la vie moderne. - L'Extrême-Orient ignore la différenciation entre l'humain et le divin: ainsi "le religieux se confond avec toutes les formes de la vie humaine: l'Etat est religieux, la philosophie est religion, la morale est religion, les relations sociales sont religion. Toutes ces formes participent pleinement du sacré." Il y a donc beaucoup de formalisme rituel qu'un occidental a du mal à lier avec le sentiment religieux. Pourtant, observer ces rites c'est "se conformer à un ordre divin, qui régit tout l'humain. C'est vivre religieusement. Ainsi l'hindouisme consiste beaucoup plus, essentiellement, dans la reconnaissance des valeurs que représente la hiérarchie des castes que dans la "croyance à des êtres spirituels et au culte des dieux qui n'en constituent qu'un fragment"." De même en Chine, même si le contexte spirituel y est très différent. "L'immobilisme de la société tient à certaines structures politiques, économiques et sociales autant que religieuses, tandis que dans l'Inde le surnaturel joue le rôle primordial."
C'est véritablement un monde passionnant à découvrir pour l'occidental...
3月3日 Graphologie (2)Je disais le 17 février que j'avais eu une conférence sur la graphologie et que j'aurais droit plus tard à une séance d'interprétation gratuite de 15 minutes, eh bien c'était tout à l'heure ! J'ai juste apporté une lettre de motivation manuscrite, et le graphologue m'a demandé de prendre des notes pendant qu'il faisait son interprétation. Il a dit que ce n'était qu'une approche graphologique (car normalement il faut au moins 1 heure pour interpréter une page), mais il l'a quand même tamponnée en me disant que si je le voulais je pouvais la montrer à des recruteurs car elle a une valeur reconnue :) Donc en exclusivité mondiale vous allez avoir droit à mon analyse :)) Globalement il m'a dit que c'était plutôt (très) positif, que j'avais un profil peu homogène et peu banal donc "expert" (ce qui signifie que je suis doué pour certaines choses mais beaucoup moins pour d'autres). Il y a 3 parties: "capacités", "à développer" et "profils" - c'est-à-dire les domaines d'activité dans lesquels je suis censé être bon. C'est assez important pour moi vu que je suis à quelques mois de finir mes études d'ingénieur et que je me demande complètement ce que je veux faire par la suite: faire un 3ème cycle de management ou un Mastère spécialisé ? ou bien travailler, mais quel type de métier exactement ? Le graphologue étant d'abord psychologue de formation, il est fort possible que son interprétation se soit aussi fondée sur ma façon de me comporter pendant l'entretien; et aussi peut-être sur le contenu de la lettre, puisque dedans j'évoquais la Suède et la Roumanie et qu'il m'a dit que j'avais un intérêt pour les voyages :) Du reste, je suis dans l'ensemble assez d'accord avec son interprétation, tant sur mes qualités que sur mes défauts, pour autant que je me connaisse. J'ai été un peu surpris sur la faiblesse de ma capacité de synthèse - mais ma capacité d'analyse serait "très largement supérieure à la moyenne". Bon j'arrête de me la péter, car comme le dit si bien Pascal: "Voulez-vous qu'on croie du bien de vous ? n'en dites pas" :)) Il serait intéressant que ceux qui me connaissent bien me disent s'ils me reconnaissent dans cette analyse ou non...
Approche graphologique
Capacités - ouverture et finesse d'esprit, curiosité (sûr)
- confiance en soi et image de soi (sûr)
- recherche et développement technique et en sciences humaines
Conclusion: Je ne ferais sans doute pas un bon manager... mais je devrais peut-être m'orienter vers les ressources humaines... NB: si vous habitez près de Lyon je peux vous donner l'adresse du graphologue, les prix sont raisonnables (prix étudiant: 31 € pour une étude complète, environ 45 € pour les autres).
2月17日 GraphologieJ'ai eu aujourd'hui une petite conférence sur la graphologie (i.e. la science humaine qui détermine la personnalité à partir de l'écriture manuscrite) et cela m'a assez surpris. Il faut savoir que cette technique est de plus en plus employée par les recruteurs dans les entreprises, surtout en France (ce n'est pas utilisé dans les pays anglo-saxons). Elle peut aider à faire le bon choix pour un recruteur, qui recherche un certain profil psychologique. Cette science a été inventée en France (il y a plusieurs écoles qui forment des graphologues en 3-4 ans après des études de psychologie) et se révèle étonnamment fiable. En 1 à 2 heures, un graphologue peut déterminer (interpréter) jusqu'à 90 % de la personnalité d'un individu, à partir de l'étude d'une simple lettre manuscrite ! Evidemment le terme "personnalité" reste à définir précisément... Il est vrai que de même que la voix, l'écriture de chacun est unique et est une projection de soi. Les graphologues se basent sur des critères tels que l'inclinaison, l'alignement, le degré de continuité et de liaison, la dimension, la pression, la taille des espaces et des interlignes, etc., de l'écriture pour faire leur interprétation. La signature est également très "parlante". Ainsi ils peuvent voir, par exemple, si on est timide ou expansif, si on a une bonne capacité d'initiative, de synthèse, d'écoute, de communication, de négociation; si on est mûr, équilibré, etc. Leur rapport est constitué de trois chapitres: schématiquement, la tête (aptitudes intellectuelles), le coeur (personnalité, comportement, communication) et les jambes (énergie, dynamisme). Quelque part je trouve ce "pouvoir" assez effrayant, d'autant plus que ces personnes sont aussi souvent psychanalystes... Je vais bientôt avoir droit à une courte interprétation gratuite, je suis curieux de voir le résultat !
2月15日 Les civilisations (2) : l'Afrique noireDeuxième partie de la rubrique "Civilisations", toujours basée sur le manuel de Fernand Braudel. A venir: l'Extrême-Orient
2. Le continent noir - Au niveau géographique, l'Afrique noire est enfermée entre deux océans (Atlantique et Indien) et deux déserts (Sahara et Kalahari), d'où son ouverture tardive sur le monde extérieur. L'île de Madagascar est un cas particulier, mélange ethnique d'indonésiens et d'africains. La géographie de l'Afrique implique des genres de vie différents (selon le climat, les types de forêts, etc.). C'est vers le nord et l'est que l'élevage est possible, et partant, la zone la plus riche et ouverte à l'extérieur. - Sur le plan ethnique: la diversité est immense, mais les mélano-africains se divisent en gros en quatre groupes: les Pygmées (sauvages); les Hottentots et Bushmen (à la peau claire), archaïques, en bordure du désert du sud; les peuples soudanais (à la peau très noire) de Dakar à l'Ethiopie; et les Bantous de l'Ethiopie à l'Afrique australe. - Par le passé, l'Afrique souffre de pénuries nombreuses et de graves faiblesses d'ensemble (e.g. absence de la roue, des bêtes de somme, de l'écriture !), aggravées par son isolement relatif, malgré des réussites dans l'art et la métallurgie, notamment. - La côte orientale tire profit de ses contacts (pas toujours pacifiques !) avec l'islam, notamment avec l'Arabie et la Perse dès le VIIe siècle et l'Insulinde, ce qui favorise l'émergence de places marchandes (commerce de l'ivoire, de l'or... et des esclaves, déjà). De grands empires apparaissent: le Ghana (vers 800), le Mali et Songhaï (Tombouctou rayonnera jusqu'à sa prise par une expédition marocaine en 1591). - La traite négrière (XV-XXe siècles). D'abord la traite islamique, puis la traite européenne et américaine (XVI-XVIIe), qui se comptent en dizaines de millions d'esclaves noirs. - La colonisation européenne, décidée lors du congrès de Berlin en 1885. Les français, anglais, allemands, belges, espagnols et portugais se partagent le continent en opérant des découpages artificiels, provoquant des ruptures ethniques, culturelles, linguistiques, etc. L'acculturation permet cependant de moderniser grandement ces pays (transports, enseignement, médecine, etc.). - Encore aujourd'hui, l'Afrique noire reste sous-peuplée (à cause de l'héritage de l'esclavage), de culture et de religion primitives dues à son passé traditionnel et rural. Malgré les fortes présences du christianisme et de l'islam, l'animisme prévaut dans les campagnes, et la société reste souvent patriarcale, basée sur le lignage. L'Afrique est libre depuis la seconde guerre mondiale (par voie diplomatique ou insurrectionnelle) mais compte nombre de dictatures, de conflits et de problèmes de santé, qui l'empêchent encore un peu plus de rattraper son retard économique, énorme (elle transforme peu ses produits). L'âge d'or de l'art (masques, bronzes, ivoires, bois sculptés) est derrière elle mais la littérature se développe, souvent occidentalisée.
Bref, voilà un peuple qui a beaucoup souffert et qui n'est pas encore près de relever la tête de l'eau, malheureusement...
2月13日 Les civilisations (1) : le monde musulman
Je ferai ici un très bref résumé des (six) civilisations décrites dans le livre, sous forme de notes. Pour commencer: le monde musulman, qui fait souvent l'actualité... A venir: l'Afrique noire
1. L'islam et le monde musulman - C'est une civilisation seconde dans la mesure où elle s'est bâtie sur celle du Proche-Orient qui était déjà riche en histoire ("peut-être le plus vieux carrefour d'hommes et de peuples civilisés qui soit au monde"). Elle a repris à son compte des façons anciennes de croire (monothéisme, Ancien Testament) et de vivre (ex: les hammams). D'ailleurs, "dans sa religion même, l'islam se rattache au judaïsme et au christianisme, à la filiation d'Abraham et de l'Ancien Testament, à son monothéisme rigoureux. Jérusalem est pour lui une ville sainte, Jésus le plus grand prophète avant Mahomet qui, seul, le surpasse." - Colonisation du Proche-Orient par le peuple gréco-macédonien pendant 10 siècles (Alexandre, 334 avant J.-C.; l'empire romain puis byzantin au Ve siècle après J.-C.), conversion au christianisme. - Le prophète (non prédit par l'Ancien Testament contrairement à Jésus, comme le fait remarquer Pascal) Mahomet (570-632) se considère comme l'envoyé de Dieu en 610-612 après que l'archange Gabriel lui eut "transmis" le Coran dans une grotte du mont Hira, près de La Mecque (Arabie Saoudite). Il prêchera jusqu'à sa mort, notamment les cinq piliers de l'islam (soumission à Dieu): l'affirmation d'un seul Dieu, Allah; la prière cinq fois par jour; le jeûne du Ramadan; l'aumône aux pauvres et le pèlerinage à La Mecque. Les Bédouins (arabes nomades et primitifs) réaliseront les premières conquêtes de l'islam après une difficile conversion. - Conquête fulgurante du Proche-Orient (affaibli par ses luttes contre Rome et Byzance) par les arabes et les perses (632-642). Puis de l'Afrique du Nord et de l'Espagne (711), voire de la Méditerranée, qui sera reprise par les chrétiens (croisades: 1095-1270). A l'est, l'empire s'étend jusqu'à la Chine et l'Insulinde. Les Turco-Mongols sont aussi convertis et réalisent des conquêtes importantes (prise de Constantinople, 1453). - Apogée de l'islam: du VIIIe au XIIe siècle (813-1198). Avec les nouveaux califes (dynastie des Abbassides), la capitale de l'islam se déplace vers l'est (de Damas à Bagdad, en Iraq). C'est une période de prospérité, de capitalisme, d'art et de paix, malgré le schisme chiite (les chiites se rattachent au calife pieux Ali et s'opposent aux sunnites). L'arabe "littéral" (tiré de la la langue du Coran) devient l'idiome commun à tous les pays islamiques et le grec disparaît (700). Un nombre considérable d'oeuvres étrangères (surtout grecques) sont traduites en arabe. Les sarrasins font de grandes découvertes scientifiques. Les philosophes prolongent la pensée antique d'Aristote (traduite par Averroès, le docteur de Cordoue). Plus tard, la traduction latine des textes grecs révolutionnera la pensée européenne, au XIIIe siècle. - Arrêt ou décadence: XII-XVIIIe siècles. Les barbares, et surtout l'Europe et l'Asie reprennent leurs droits (croisades occidentales, invasions mongoles avec la prise de Bagdad en 1258, etc.). De plus, une crise s'abat sur tout le Vieux Monde (jusqu'au XVIe siècle). Mais le beau temps revient avec la grandeur turque (1453) qui durera jusqu'au XVIIIe siècle avec l'"époque des tulipes" (Istanbul) et une vive poussée démographique. - Tiers-Monde (à partir du XVIIIe siècle). Il y a d'abord le colonialisme européen et soviétique. L'islam perd son unité (d'où le courant de panarabisme), les nationalismes deviennent exacerbés. Les arabes s'opposent à Israël depuis sa création en 1948. Et surtout, l'islam archaïque a pris deux siècles de retard matériel sur l'Occident en ratant la révolution industrielle, malgré sa richesse en pétrole. A voir: la carte de la civilisation musulmane ici: http://www.skidmore.edu/academics/arthistory/ah369/intro.html
Connaître l'histoire et les traditions du peuple musulman permet de mieux comprendre certains faits d'actualité...
1月24日 Pannes et techno-dépendanceCe qui suit est un extrait de mon rapport de stage, susceptible d'intéresser quelques lecteurs.
Fin 2004 la France a été "victime" coup sur coup de deux pannes majeures de la part de grands opérateurs télécoms: il y eut d'abord une panne des lignes fixes de France Télécom dans plusieurs grandes villes, puis quelques semaines plus tard une panne plus importante encore, paralysant tout le réseau mobile de Bouygues Télécom. Ces perturbations de cette ampleur et de cette durée (environ 24 h) constituent une première (hors catastrophes naturelles) qui ont déboussolé les clients et fait réagir les associations de protection des consommateurs. Ceci entraîne plusieurs interrogations: la qualité de service et la fiabilité sont-elles en train de régresser ? Les opérateurs doivent-ils prendre plus de responsabilités ? Et enfin, sommes-nous devenus totalement dépendants de la technologie ? Ainsi en quelques mois trois pannes géantes ont été recensées en France: SNCF, France Télécom et Bouygues Télécom, tous trois pour des raisons informatiques. A la SNCF c'est le système informatique de réservation qui fut bloqué pendant quatre jours (à cause d'un simple patch !), chez France Télécom une erreur logicielle sur un équipement traitant la Voix sur IP situé à Reims et entraînant le dysfonctionnement de 26 commutateurs nationaux, et chez Bouygues la panne simultanée de deux serveurs. Les raisons de ces vulnérabilités ne sont pas à chercher très loin: la course à la rentabilité et à l'innovation se fait trop souvent au détriment de la sécurité et de la fiabilité des systèmes. Ceci amène deux questions: n'existe-t-il aucune organisation pour prévenir ce genre de troubles ? Et en quoi ces troubles posent-ils réellement problème ? Enfin, au-delà même de ces considérations de "service public", il y a aussi la responsabilité morale des opérateurs vis-à-vis de leurs clients. Le service est suffisamment cher pour que l'on puisse exiger une fiabilité maximale de leur part. L'exemple de Bouygues Télécom a montré qu'un seul serveur de "back up" ne suffit pas.
1月22日 Les génies de l'histoireJ'ai lu L'origine des génies de Claude Thélot (oui, celui-là même qui a fait un rapport sur l'école), et ma foi c'est assez intéressant pour ceux qui comme moi s'intéressent un tant soit peu au sujet. (Pour en savoir plus: http://www.casediscute.com/2002/032_genies_surdoues/invites/specialiste_01.shtml) Dans cette étude sociologique, Thélot a notamment essayé de faire une liste des génies reconnus comme tels (donc liste 'objective'), en se limitant aux 450 dernières années (donc aucun grand nom de l'Antiquité n'y figure), aux morts et à l'Europe, les Amériques et la Russie (donc pas de génie méconnu chinois, indien ou arabe...). Il y a en tout 350 noms, répartis en domaines (musique, littérature, philosophie, maths, etc.) et en 3 grands "niveaux": purs génies, hommes exceptionnels et hommes remarquables. J'avoue que les génies me fascinent. D'une part ça donne une bonne leçon d'humilité, de l'autre ils ne sont pas forcément à envier car Dieu sait que leurs vies n'ont pas toujours été des plus faciles et heureuses...
Voici la liste des "purs génies" proposée par l'auteur, la moins discutable de toutes:
- Peinture, sculpture, architecture: Léonard de Vinci - Musique: Bach - Littérature: Cervantès - Philosophie: Descartes (nota*: son QI serait de 180) - Cinéma: Chaplin - Sciences humaines: Freud - Sciences naturelles et biologiques: Darwin - Mathématiques: d'Alembert - Physique et chimie: Galilée (nota*: son QI serait de 185) - Inventeurs: Gutenberg - Action (politiques): Henri IV
* Source:
|
|
|