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January 08 Guide musical: Musique brésilienneNews 30/01/2007: l'équipe Windows Live Space a sélectionné 3 blogs Messenger pour représenter la catégorie Musique auprès de la communauté des Spacers, dont le mien! Ainsi il est mis en avant sur http://www.windowslivespaces.com et potentiellement accessible à plus de 3 millions de personnes :) Merci à l'équipe, et si ça peut faire découvrir la musique brésilienne à un plus grand monde, j'en serai ravi.
Je continue d'ailleurs de mettre à jour ce topic: je viens d'y rajouter le fabuleux album "Jacarandá" de Luiz Bonfá.
A noter aussi un forum très intéressant consacré à la musique brésilienne: http://bossa-nova.forumactif.com/
Plutôt que de commenter ce que je découvre tous les mois, ce qui devient de plus en plus difficile, je préfère me prêter à un nouvel exercice: celui de "consultant musical" :)
Je ne suis pas un spécialiste en musique brésilienne, mais j'ai quand même quelques références (je connais environ 170 albums), assez pour pouvoir conseiller ceux qui n'y connaissent pas grand chose en tout cas (et c'est le public visé par ce petit guide sans prétention).
Merci à ceux qui m'ont moi-même conseillé (ils se reconnaîtront).
Bien sûr, je le complèterai au fur et à mesure.
Tout commentaire/suggestion sera bienvenu...
Je commence par quelques définitions:
La bossa nova est un genre musical né dans les années 1950 au Brésil. Signifiant "nouvelle vague", elle est un mélange de rythmes brésiliens (samba...) et de jazz (de l'Amérique "west coast").
Les principaux fondateurs du mouvement sont Antonio Carlos Jobim, João Gilberto, Luiz Bonfá...
Son âge d'or: les années 1960-70, mais elle est toujours vivante, malgré les disparitions de ses plus importants compositeurs (Jobim en 1995, Bonfá en 2001, de Moraes en 1980, Powell en 2000, etc.).
Quelques grands noms: en plus des trois cités plus haut, Vinicius de Moraes, Edu Lobo, Baden Powell, Marcos Valle, Chico Buarque...; les interprètes: Astrud Gilberto, Elis Regina, Carlos Lyra, Quarteto em Cy...
De nombreux jazzmen américains ont aussi joué de la bossa (Stan Getz, Charlie Byrd, Herbie Mann, Quincy Jones, Frank Sinatra, Wayne Shorter, Herbie Hancock...).
![]() MPB est l'acronyme de musica popular brasileira, c'est-à-dire tout simplement pop brésilienne, et englobe le fameux mouvement tropicalia. Ce genre mélange souvent la bossa nova avec du rock, ou du folk, de la pop, psychédélisme, musique contemporaine, etc.
Quelques grands noms: Milton Nascimento, Caetano Veloso, Jorge Ben, Gilberto Gil, Chico Buarque, João Bosco, Tom Zé, Gal Costa, Maria Bethânia, Os Mutantes, etc.
![]() Ma sélection (subjective et non exhaustive, bien entendu):
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Bande originale de film : Orfeu Negro (1959) [samba/bossa/musique de carnaval]
Stan Getz & João Gilberto : Getz/Gilberto (1963) [jazz/bossa]
Astrud Gilberto : The Astrud Gilberto Album (1965) [bossa]
Antonio Carlos Jobim : Wave (1967) [bossa instru/jazz]
Milton Nascimento & Lô Borges : Clube da Esquina (1972) [MPB]
![]() La BO Orfeu Negro, rien que pour sa sublime chanson "Manhã de Carnaval" composée par Luiz Bonfá, est indispensable. C'est cet album, à la fois festif et triste, qui a permis de faire connaître la bossa au monde entier. Il réunit les grands noms que sont Vinicius de Moraes, Antonio Carlos Jobim, Luiz Bonfá, etc.
Getz/Gilberto est un album majeur de jazz, extrêmement populaire, qui contient les meilleures versions de gros hits signés Jobim, de Moraes et Gilberto: "The Girl from Ipanema", "Corcovado", "Desafinado", etc. Le saxophone de Stan Getz et la douce voix du couple João/Astrud Gilberto font mouche.
Ecouter The Astrud Gilberto Album est à mon avis la meilleure façon de découvrir les merveilleuses compositions de Tom Jobim, la plupart présentes sur son album The Composer of Desafinado, Plays mais avec un meilleur son et la voix douce et innocente d'Astrud Gilberto.
De Jobim, c'est l'album Wave que je recommande en premier, pour sa légèreté, sa poésie, son apparente simplicité qui ne peuvent que séduire.
Enfin, l'album de Milton et de son "club" d'amis Clube da Esquina est l'un des plus beaux joyaux de la pop brésilienne, reconnu internationalement à sa juste valeur (lire critique détaillée ici).
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Sérgio Mendes featuring Antonio Carlos Jobim : The Swinger from Rio (1964) [jazz/bossa]
Herbie Mann & João Gilberto with Antonio Carlos Jobim : Recorded in Rio de Janeiro (1965) [jazz/bossa]
Baden Powell (et Vinicius de Moraes) : Os Afro Sambas (1966) [jazz/bossa]
Edu Lobo & Maria Bethânia : Edu & Bethania (1966) [bossa]
Gilberto Gil : Gilberto Gil (1968) [tropicalia]
Milton Nascimento : Courage (1968) [MPB]
Edu Lobo : Sergio Mendes Presents Lobo (1969) [bossa/MPB]
Elis Regina : Elis Regina in London (1969) [MPB/bossa]
Chico Buarque : Construção (1971) [MPB]
Gal Costa : Índia (1973) [tropicalia]
João Bosco : João Bosco (1973) [bossa/MPB]
Luiz Bonfá : Jacarandá (1973) [jazz fusion/bossa]
Antonio Carlos Jobim & Elis Regina : Elis & Tom (1974) [bossa]
Gilberto Gil & Jorge Ben : Gil e Jorge (1975) [MPB/tropicalia]
Antonio Carlos Jobim : Urubu (1976) [bossa/classique]
Jorge Ben : África Brasil (1976) [MPB/funk]
Lô Borges : A Via Láctea (1979) [MPB/pop]
Djavan : Seduzir (1981) [MPB]
Joyce : The Essential Joyce 1970-1996 [MPB/pop]
Caetano Veloso : Antologia 67/03 [MPB/tropicalia/pop]
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() Antonio Carlos Jobim : tout !! mais en priorité: The Composer of Desafinado, Plays (1963) ; Stone Flower (1970) ; Jobim / Matita Perê (1973) ; Passarim (1987) [bossa]
Astrud Gilberto : Look to the Rainbow (1965) [bossa]
Baden Powell : Solitude on Guitar (1971) ; etc. [bossa/guitare]
Caetano Veloso : quasiment tout... [MPB/pop]
Celso Fonseca : Natural (2003) ["slow motion" bossa nova]
Chico Buarque : Vida (1980) ; etc. [MPB]
Djavan : A Voz e o Violão (1976) ; Coisa de Acender (1994) ; etc. [MPB]
Dori Caymmi : Dory Caymmi (1972) [MPB]
Elis Regina : en priorité: Elis (1974) ; Falso Brilhante (1976) ; Nada Sera Como Antes (Elis Interpreta Milton Nascimento) [MPB]
Gal Costa : en priorité: Gal Costa [Mercury #1] (1969) ; Gal Costa [Mercury #2] (1969) ; Cantar (1974) [tropicalia/MPB/psyché]
Gilberto Gil [tropicalia]
João Gilberto : quasiment tout... mais en priorité: Chega de Saudade (1959) ; Amoroso (1977) ; Brasil (1981) [bossa]
Jorge Ben : en priorité: Samba Esquema Novo (1969) ; A Tábua de Esmeralda (1974) [MPB/funk]
Lô Borges : Lô Borges (1972) [MPB/pop]
Luiz Bonfá : Plays and Sings Bossa Nova (1962) ; Introspection (1972) ; etc. [bossa]
Marcos Valle : en priorité: Samba '68 (1968) ; Garra (1971) [bossa/MPB/pop]
Milton Nascimento : quasiment tout... mais en priorité: Milton (1970) ; Milagre dos Peixes (1973) ; Milagre dos Peixes - Ao Vivo (1974) ; Minas (1975) ; Geraes (1976) ; Clube da Esquina 2 (1978) ; Sentinela (1980) ; Anima (1982) [MPB]
Os Mutantes [tropicalia/MPB/psyché]
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() en bossa/MPB contemporaine: en plus de l'excellent Celso Fonseca, déjà cité: Ana Carolina, Badi Assad, Bebel Gilberto (fille de João Gilberto et Miucha), Carlinhos Brown, Chico Science (attention, c'est très spécial: sorte de fusion expérimentale), Cibelle (bossa moderne), Daniela Mercury (dansant, assez commercial), Lenine, Maria Rita (fille d'Elis Regina), Márcio Faraco (bossa traditionnelle, rappelant un peu Chico Buarque), Marisa Monte, Seu Jorge, Vanessa da Mata, Vinicius Cantuária...
en samba: Cartola, Elza Soares, Paulinho da Viola, Zé Kéti...
autres: Belchior, Bola Sete, Carlos Lyra, Dorival Caymmi, Eliane Elias (plutôt jazz), Eduardo Gudin, Francis Hime, Jair Rodrigues, João Donato, Leila Pinheiro, Maria Bethânia (soeur de Caetano Veloso), Milton Banana, Miucha (soeur de Chico Buarque, deuxième femme de João Gilberto), MPB-4, Nana Caymmi, Nara Leão, Olodum,
Quarteto em Cy, Rita Lee, Roberto et Erasmo Carlos, Roberto Menescal, Ronaldo Bôscoli (premier mari d'Elis Regina), Sérgio Mendes & Brasil '66, Sylvia Telles, Tamba Trio, Tamba 4, Tom Zé, Toninho Horta, Toquinho, Vânia Bastos (femme d'Eduardo Gudin), Walter Wanderley, Wanda de Sah (aka Wanda Sá)...
etc.
![]() Pour ceux qui voudraient écouter quelques grands classiques pour se faire une idée, je conseille (avec extraits sonores de 30 secondes au format WMA de l'une des versions de chaque chanson): "Garota de Ipanema" / "The Girl from Ipanema" d'Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes (Norman Gimbel pour la traduction), la version avec Stan Getz, João et Astrud Gilberto
"Aguas de Março" d'Antonio Carlos Jobim, la version en duo avec Elis Regina
"Chega de Saudade" d'Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes, la version de João Gilberto
"Insensatez" / "How Insensitive" d'Antonio Carlos Jobim et Vinicius de Moraes (Norman Gimbel pour la traduction)
"Manhã de Carnaval" de Luiz Bonfá et Antônio Maria
"Berimbau" de Baden Powell et Vinicius de Moraes
"Consolação" de Baden Powell et Vinicius de Moraes, la version de Herbie Mann
"Canto de Ossanha" de Baden Powell et Vinicius de Moraes
"[Aquarela do] Brasil" d'Ary Barroso
"Construção" de Chico Buarque
"Retrato em Branco e Preto" d'Antonio Carlos Jobim et Chico Buarque, la version de João Gilberto
"[Corrida de] Jangada" d'Edu Lobo et José Carlos Capinan
"Samba de Verão" / "So Nice (Summer Samba)" de Marcos Valle et Paulo Sérgio Valle
"O Barquinho" de Roberto Menescal et Ronaldo Bôscoli
"Vera Cruz" de Milton Nascimento et Márcio Borges
"O Trem Azul" de Lô Borges et Ronaldo Bastos
"Mas Que Nada" de Jorge Ben
"Beijo Partido" de Toninho Horta, la version de Milton Nascimento
et beaucoup d'autres... - Chansons écoutables en intégralité sur la radio UOL: (bouton droit, "ouvrir dans une nouvelle fenêtre") Antonio Carlos Jobim
Água de Beber - Só Danço Samba - Desafinado - Chega de Saudade - Wave - Águas de Março (avec Elis Regina) - Fotografia (avec Elis Regina) João Gilberto The Girl from Ipanema (avec Stan Getz et Astrud Gilberto) - Zingaro (Retrato em Branco e Preto) Vinicius de Moraes Canto de Ossanha (avec Baden Powell) - Samba da Bênção Marcos Valle Edu Lobo Gal Costa Elis Regina Como Nossos Pais - Nada Será Como Antes - Carinhoso - O Mestre Sala dos Mares - O Rancho da Goiabada Caetano Veloso Chico Buarque Construção - O Que Será (live) - Vai Passar (live) Jorge Ben Mas, Que Nada ! - Chove, Chuva - Zumbi - Ponta de Lança Africano - Umbabarauma - Taj Mahal (avec Gilberto Gil)
- Chansons écoutables en intégralité au format Real Audio:
A noter qu'il existe de très nombreuses compilations (notamment la collection "Millennium"), souvent assez bien faites, qui sont pas mal pour découvrir un artiste sans avoir à se plonger dans leur souvent riche discographie.
Pour finir, je citerai quelques albums importants de jazz inspirés par la bossa nova:
Frank Sinatra : Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim (1967)
Lalo Schiffrin : Piano, Strings and Bossa Nova (1962)
Quincy Jones : Big Band Bossa Nova (1964)
Sarah Vaughan : Brazilian Romance (1987)
Stan Getz : Jazz Samba (1962); Getz/Gilberto (1963)
Wayne Shorter : Native Dancer (1974)
et bonne année à tous !!! ;)
NB: voir aussi mon profil Rate Your Music December 15 SynchronicitéAujourd'hui je vais vous parler un peu d'une théorie que je trouve passionnante et qui est de plus en plus d'actualité: la théorie de la synchronicité, exposée notamment par le célèbre psychanalyste Carl Gustav Jung in Synchronicité et Paracelsica (1930). Comme souvent, je m'appuie sur une leçon du site Philosophie et Spiritualité: http://sergecar.club.fr/cours/theorie7.htm
La synchronicité est intimement liée au concept du hasard et à ce qu'on appelle coïncidences. Parfois, quand celles-ci nous apparaissent troublantes, nous avons l'intuition que c'est un signe du destin, que cela ne peut pas se produire par hasard pur et simple. Je ne parle pas des projections mentales des paranoïaques qui voient des signes là où clairement une personne "raisonnable" ne voit rien de spécial...
Qui n'a jamais eu cette impression ? On pense à quelque chose et cette chose apparaît justement à ce moment précis. On fait des rêves prémonitoires, on a des visions. Une succession d'évènements inattendus (de bonnes nouvelles, si on est chanceux) se passe dans la même journée. Etc... Un exemple extraordinaire est donné sur cette page: http://sergecar.club.fr/TPE/synchronicite/documents.htm
On dit que les événements ne sont pas synchrones quand aucune relation n'apparaît entre eux; ils sont chaotiques en quelque sorte. Alors que la synchronicité suppose une vision unitaire de la réalité, non-duelle, non fragmentaire.
Dans le paradigme mécaniste de la science normale, illustré notamment par Descartes et Newton et qui prévaut encore largement dans nos sociétés, on suppose une dualité entre le sujet et l'objet, et le principe de la causalité locale, ce qui aboutit naturellement à la définition que donne Cournot du hasard: un simple "entrecroisement de séries causales indépendantes".
Or la physique moderne (quantique) a montré que le concept chosique de la réalité était dépassé, qu'il fallait plutôt la concevoir en formes d'ondes et de champs, et que l'univers ne pouvait pas exister indépendamment de l'observateur, dans la mesure où l'observateur agit toujours sur l'observé (n'en déplaise à Einstein...). Il a aussi été prouvé récemment que des particules pouvaient "communiquer" entre elles de façon instantanée, sans transmission de signal donc, ce qui permettrait de conclure que "au niveau le plus subtil de la matière, existe une corrélation infinie des événements, un champ unifié où en quelque sorte en tout point, de manière holographique, toute l’information est présente et donc répercutée" !
D'où la théorie de la synchronicité, définie comme étant "la coïncidence dans le temps de deux ou plusieurs événements sans relation causale et ayant le même contenu significatif". A rapprocher également de la loi des séries ("jamais deux sans trois"...) où un événement semble entrer en résonance avec lui-même et se répéter.
Jung a lié cette théorie avec celle de l'inconscient collectif, sorte de plan mental universel, de conscience unitaire dans laquelle on est parfois plongé, dans le sommeil surtout. Cela est clairement évoqué dans la métaphysique d'Aurobindo et décrit par certains mystiques, d'ailleurs... En atteignant ce plan supérieur, on aurait ainsi accès à des informations a-causales, d'où les phénomènes de télépathie, de prémonitions, visions, etc. Quand la physique quantique parle de champ unifié où réside une corrélation infinie des événements et où l'information est instantanée et omniprésente, il s'agit de la même chose, comme si l'univers était une grande pensée, un champ d'intelligence.
Lorsqu'on pense et qu'on désire quelque chose, on peut ainsi supposer que ces intentions sont de l'énergie créatrice, qui influe sur l'état de l'univers et va se déployer en actes. Ainsi nous sommes tous participants à l'univers, dans notre subjectivité universelle, relation entre le Soi et l'Etre.
Dans le mental universel qui transcende l'espace-temps-causalité de l'attitude naturelle, la causalité n'est plus mécanique mais intelligible, et c'est surtout dans l'affectivité que la synchronicité s'épanouit, de même que le sacré. Les expériences synchronistiques apparaissent sans que le sujet ne les ait cherchées, ce n'est donc pas une projection mentale.
Pour conclure, citons cette phrase très synthétique de Jung: "Les événements synchronistiques nous imposent une vision du monde comme champ unifié où l’expérience et l’action individuelles sont fondamentalement reliées à celles d’autrui".
Si vous avez des expériences de ce genre à raconter, n'hésitez pas... ;)
![]() November 30 Découvertes musicales de novembreEn ce moment, j'écoute beaucoup trop de nouvelle musique pour pouvoir tout lister et chroniquer... Ce qui suit n'est donc qu'une sélection. J'ai découvert un site web récemment qui repose sur un concept très intéressant: à partir d'un nom de chanson ou d'artiste, le site crée automatiquement et très rapidement une radio personnalisée avec des chansons aux caractéristiques proches! Un vrai travail de titan, fait sérieusement. A part ça, je m'excuse de ne pas faire de véritable mise à jour, mais je manque cruellement de temps pour ça ces temps-ci, et je dois bien fixer mes priorités...
Antonio Carlos Jobim, Tide (1970) http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&token=ADFEAEE47E1BD346A57220D09A3A47DBAD63E606CC40F2871A005354D4BA3E068B1F6AC966D28A88D1BC28F878AEE02DA4450DD3CAEB1AFDDC6C3E3887EFA1704943&sql=10:et2uak2kgm3p
4/6
Antonio Carlos Jobim, Jobim (1972) aka Matita Perê (1973) http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&token=ADFEAEE47E1BD346A57220D09A3A47DBAD63E606CC40F2871A005354D4BA3E068B1F6AC966D28A88D1BC28F878AEE02DA4450DD3CAEB1AFDDC6C3E3587ECA0704943&sql=10:gzddylooxpsb 5.5/6
Antonio Carlos Jobim & Miucha, Miucha & Antonio Carlos Jobim aka Miucha e Tom Jobim (1977)
4/6
Antonio Carlos Jobim, Antonio Brasileiro (1995) 4/6
Oui, encore plein d'albums de Tom Jobim ce mois-ci... je ne m'en lasse pas :) Tide, sorti la même année que Stone Flower, est un peu moins abouti que la moyenne de ses albums (la chanson-titre est un remake de "Wave", il y a une énième reprise de "The Girl from Ipanema", une reprise de "Carinhoso", etc.) mais Matita Perê montre Jobim à son meilleur niveau ou presque. Outre le classique absolu "Aguas de Março", cet album contient de longs titres instrumentaux qui font assez "musique de film" et donnent une ambiance très particulière à cet opus. Son premier album avec Miucha (la soeur de Chico Buarque) me semble en revanche moins réussi que son album avec Elis Regina. Enfin, Antonio Brasileiro est son ultime album studio (avant sa mort en 1994). Et force est de constater que le talent était encore là. Jobim se fait plaisir en reprenant "So Danço Samba" (de lui-même !) et "The Blue Train" (traduction du "Trem Azul" de Lô Borges), fait un duo avec Sting sur le classique "How Insensitive", un autre avec sa petite fille (!), joue avec son fils Paulo, etc. Un beau disque-testament.
Caetano Veloso, Antologia 67/03 (2004) Une compilation de 2h, idéale pour découvrir ce très grand nom de la pop brésilienne (et internationale en général) à la longue carrière. Moins marqué "brésilien" que ses compatriotes, ce songwriter plaira sans aucun doute aux amateurs de Bob Dylan, par exemple. Les reprises ("Billie Jean" de Michael Jackson et "Let It Bleed" des Rolling Stones) sont très réussies également.
5.5/6
Edu Lobo, Sergio Mendes Presents Lobo (1969) Edu Lobo, un autre grand nom de la bossa nova de la première vague, moins connu que les autres mais aussi doué. Cet album est essentiel et certaines chansons sont devenues des classiques du genre ("Jangada", "Ponteio"), dans un style qui rappelle un peu Milton Nascimento (avec un chant parfois en anglais). A noter la reprise des Beatles, "Hey Jude".
5/6
Elis Regina, Elis Regina in London (1969) Cet album est délicieux. Elis Regina (morte à 36 ans...) est déconcertante de joie de vivre et d'aisance vocale sur des chansons pourtant pas faciles ("Corrida de Jangada" d'Edu Lobo, par exemple). Avec des chansons composées par Tom Jobim, Edu Lobo, Jorge Ben, Roberto Menescal et quelques autres, le résultat ne pouvait être qu'enchanteur.
5/6
Jorge Ben, Samba Esquema Novo (1969) Le premier album de l'une des plus grandes stars de la musique brésilienne. Un style de MPB déjà bien particulier, et deux tubes gigantesques ("Mas Que Nada", que tout le monde connaît grâce à une pub Nike, et "Chove Chuva").
5/6
Jorge Ben, África Brasil (1976) Encore meilleur, cet album est une bombe de musique festive, "funky samba" énergique aux rythmes afro-brésiliens. Un disque très joyeux qui donne la patate et met de bonne humeur :) Moi qui n'aime pas trop la musique joyeuse, je m'incline pourtant devant ce chef-d'oeuvre.
Os Mutantes, Everything Is Possible! (the best of) (1999) Un groupe étonnant de tropicalia psychédélique...
4.5/6
Smog, A River Ain't Too Much to Love (2005) Un très bon album de folk-rock minimaliste, mûr, reposant, qui rappelle un peu Leonard Cohen. Le problème est que ce n'est pas vraiment mon genre de prédilection ;)
4/6
Soundgarden, Black Hole Sun (1994) Chef-d'oeuvre du groupe de Chris Cornell, Superunknown mérite sa réputation. C'est un album de grunge/métal psychédélique qui peut à la fois plaire aux métalleux exigeants et au grand public. Toutes les chansons sont bonnes, certaines étant même sublimes ("Head Down", "Black Hole Sun", "Spoonman"...). La lourdeur du son me rappelle le guitariste Jerry Cantrell d'Alice in Chains (surtout le titre "4th of July"), autre gros poids lourd du grunge de l'époque.
5/6
System of a Down, Hypnotize (2005) Six mois après, voici donc la suite de Mesmerize... Pas de grande surprise à signaler: c'est toujours du System, dans la droite lignée de son prédécesseur, court et efficace. Le problème est que le style (la "recette", si je puis dire) lasse à la longue, parce qu'il y a très peu d'évolution musicale. Quelques déchets sur cet album, mais trois bonnes chansons: "Dreaming", "Lonely Day" (malgré ses paroles très légères) et "Soldier Side".
4/6
Ulver, Blood Inside (2005) Ulver ("loup" en norvégien) a bien évolué depuis ses débuts, un peu comme Arcturus. Il s'agit maintenant de métal avant-gardiste qui sort du lot.
4/6
The Velvet Underground, The Velvet Underground & Nico (1967) Ce n'est que maintenant que je découvre ce grand classique du groupe de Lou Reed - et grand classique de l'histoire du rock, car il a eu tellement d'influence... Mais mieux vaut tard que jamais :) 1967, la même année que Wave de Tom Jobim... Quand on voit tout ce qui est sorti à cette époque (Beatles, Beach Boys, Bob Dylan, Pink Floyd, Jimi Hendrix, Rolling Stones, puis Led Zeppelin, tous les classiques de bossa, etc.) c'est quand même difficile de ne pas sortir la bonne vieille réplique réac' "c'était mieux avant !" non ? ;)
5.5/6
October 28 Découvertes musicales d'octobreBeaucoup d'albums ce mois-ci ! Liste non exhaustive...
Antonio Carlos Jobim, The Composer of Desafinado, Plays (1963)
5.5/6
Antonio Carlos Jobim, Stone Flower (1970)
5/6
Antonio Carlos Jobim & Elis Regina, Elis & Tom (1974)
5/6
Antonio Carlos Jobim, Urubu (1976)
5.5/6
Antonio Carlos Jobim, Passarim (1987)
5/6
Tom Jobim était un pianiste/compositeur (de bossa nova, faut-il le rappeler) extrêmement talentueux et prolifique, tout au long de sa vie. Son premier album (The Composer of 'Desafinado', Plays) est quasiment parfait, malgré les petits moyens employés, et contient ses chansons les plus connues, popularisées notamment par les chanteurs João et Astrud Gilberto, et reprises par des dizaines et dizaines de musiciens ("Insensatez", par exemple, et surtout "The Girl from Ipanema", deuxième chanson la plus interprétée au monde après "Yesterday" des Beatles !). Le jazzy Stone Flower, dans la continuité du chef-d'oeuvre Wave, est pour moi sous-estimé, et ne vaut pas seulement pour sa merveilleuse reprise de "Brazil" d'Ary Barroso. Le mélancolique et puissant Urubu, plus réputé, marque une nette rupture: mi-chanté, mi-instrumental, orchestral, il s'approche de la musique classique. Son intro au berimbau est mémorable... Elis & Tom marque la collaboration de Tom avec Elis Regina - sans doute la meilleure interprète qu'ait connue le Brésil : c'est donc un enchantement, et c'est agréable de redécouvrir les tubes d'Astrud Gilberto avec une autre chanteuse et sensibilité. On a un sentiment de grande complicité (surtout sur le fameux poème "Aguas de Março", souvent considéré comme la meilleure chanson de Jobim, voire la meilleure chanson de l'histoire du Brésil), malgré la mauvaise entente entre les deux artistes. "Chovendo na Roseira" est la version chantée de "Children's Games" de Stone Flower. Passarim prouve que 30 ans après ses débuts Jobim était toujours aussi inspiré et savait moderniser sa musique, avec un format plus "chanson". La chanson-titre et "Gabriela", qui semble être la suite de "Angela" présent sur Urubu, sont des merveilles. Tous indispensables de toute façon...
Astrud Gilberto, Look to the Rainbow (1965) Le deuxième album d'Astrud, un peu en deçà de son premier pour la simple raison que les compos de João Gilberto, Marcos Valle et autres ne sont pas tout à fait au même niveau que celles de Jobim. Cela reste un réservoir à tubes, toutefois ("Berimbau", "She's a Carioca", "So Nice", etc., plus les chansons reprises d'Orfeu Negro).
5/6
Baden Powell, Os Afro Sambas (1966)
4.5/6
Baden Powell, Solitude on Guitar (1971)
4/6
Deux grands classiques d'un des guitaristes brésiliens les plus connus (l'auteur de "Berimbau", "Canto de Ossanha", etc.), et qui a longtemps vécu en France. Les "afro sambas", co-composées par l'immense Vinicius de Moraes, sont agrémentées de choeurs féminins et parlent de la religion candomblé. L'autre album ravira les amateurs de guitare et de bossa, évidemment.
Bebel Gilberto, Tanto Tempo (2000) Dans la famille Gilberto, je voudrais la fille :) Bebel est en effet la fille de João Gilberto et Miucha, et la nièce de Chico Buarque. Pas de grande surprise, mais c'est toujours plaisant, notamment la reprise du classique "So Nice (Summer Samba)" de Marcos Valle, popularisé par Astrud... Gilberto, ainsi que la reprise plus personnelle de Vinicius de Moraes. Mais les compositions plus récentes, qu'on pourrait qualifier de bossa moderne, sont également plus qu'honorables, et la voix grave de Bebel est agréable.
4/6
João Bosco, João Bosco (1973) http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&sql=10:4ku67ub020j3 Il n'y a pas que Gilberto parmi les João incontournables... Voici un album de bossa nova (le premier de Bosco) intéressant, dynamique, enjoué et brillant, même si la voix et les intonations un peu brutales peuvent diviser.
5/6
Stan Getz & João Gilberto, Getz/Gilberto (1963) En 1963 sort à la fois le premier Tom Jobim et cet album, tout aussi important dans l'histoire de la bossa nova. Jobim y participe, mais aussi le saxophoniste américain Stan Getz et la chanteuse Astrud Gilberto, pour notre plus grand bonheur. Tout simplement génial. Les meilleures versions de "The Girl from Ipanema", "Corcovado" ou encore "Desafinado" sont sur cet album.
6/6
Herbie Mann & João Gilberto with Antonio Carlos Jobim, Recorded in Rio de Janeiro (1965) Encore un crossover jazz/bossa et une dream team, avec le flûtiste Herbie Mann. Incontournable.
6/6
Luiz Bonfá, Le Roi de la Bossa Nova (1962) + En Direct du Brésil (1963) Un autre fondateur de la bossa nova, qui restera surtout connu pour sa collaboration (mythique) à Orfeu Negro. Cet album (récemment remastérisé) nous montre bien la virtuosité de ce guitariste-chanteur à la longue carrière.
5/6
Milton Nascimento, Courage (1968) Le premier album de Milton Nascimento est culte, et impressionnant de qualité et de maturité, même si je trouve les compositions de Clube da Esquina plus accrocheuses encore (grâce peut-être à l'apport de Lô Borges ?). Quasiment toutes les chansons sont devenues des classiques, et la voix de Milton est déjà hypnotique (les paroles paraissent presque superflues tant la richesse des arrangements et les sifflotements de Milton suffisent). On peut juste reprocher une production un peu faiblarde, mais de nombreuses mélodies sont inoubliables.
6/6
Milton Nascimento & Lô Borges, Clube da Esquina (1972) http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&token=ADFEAEE47E1BD346A57220D09A3A47DBAD63E606CC40F2871A005354D4BA3E068B1F6AC966D28A88D1BC28F878AFE02CAC450DD3CAEB1AFED6623D3788EAB60045&sql=10:7kd2vwvya9xk
Ce fabuleux album sorti en 1972 est le 4ème de Milton Nascimento. Replaçons-le dans son contexte musical: au Brésil la bossa nova vit alors son âge d'or (Tom Jobim sort un de ses meilleurs opus - Jobim - la même année) et le mouvement tropicalia/MPB (musica popular brasileira) initié notamment par Gilberto Gil, Caetano Veloso, Tom Zé et Gal Costa à la fin des années 1960 est tout récent. Milton est né à Rio de Janeiro en 1942 mais a déménagé très rapidement dans l'état du Minas Geraes, d'abord à Três Pontas puis dans la capitale de l'état, Belo Horizonte. Il y rencontre l'extraordinaire chanteuse Elis Regina (qui reprendra de nombreuses compositions de Milton) et beaucoup de musiciens/paroliers locaux tels que les frères Borges (Lô et Marcio), Fernando Brant, Ronaldo Bastos, Toninho Horta, Flavio Venturini, Wagner Tiso, et autres mineiros. Voilà le fameux "clube da esquina" ("club du coin") formé. Le gang sortira deux albums (écrits entièrement en portugais): Clube da Esquina en 1972 (crédité Milton Nascimento et Lô Borges) et sa suite intitulée simplement Clube da Esquina 2 en 1978 (créditée Milton Nascimento). Si les deux sont de grandes réussites, le premier volet reste la référence. Par rapport aux précédents albums de Milton (notamment son chef-d'oeuvre Courage de 1968), il y a quelques évolutions importantes, dues en grande partie au jeune co-compositeur Lô Borges, qui n'avait que 19 ans à l'époque (et sortit son excellent album éponyme la même année). Son art de l'arrangement transparaît dans la plupart des chansons de l'album, qui sont autant de perles tant au niveau mélodique que rythmique. Les musiciens, manifestement virtuoses, ne tombent jamais dans le "piège" de la démonstration technique, et les multiples influences (bossa, jazz, pop, rock progressif, musiques afro-latines et folkloriques...) sont parfaitement intégrées. Ainsi l'intro à la guitare de "Tudo Que Você Podia Ser" suivie de la douce voix, chaude, poignante et plaintive de Milton est un véritable bonheur. Le refrain entêtant "Você pega o trem azul/O sol na cabeça/O sol pega o trem azul/Você na cabeça" sublime la chanson "O Trem Azul", qui sera d'ailleurs reprise par Elis Regina et même Antonio Carlos Jobim dans son ultime album Antonio Brasileiro de 1994, dans une version anglaise très réussie ("The Blue Train"). Le break au piano du hit "Um Girassol da Cor de Seu Cabelo" est aussi mémorable. Ces chansons et bien d'autres ("Cais", "Nada Sera Como Antes", etc.) sont devenues des standards et les groupes de chanteurs tels que Quarteto em Cy ou MPB-4 les ont souvent reprises. L'ambiance générale sur ces 21 titres est très mélancolique, mais fluide, sans agression, tout en finesse, et ne peut que donner envie de sourire et de frissonner (de plaisir et d'émotion...). S'il n'y avait qu'un album de MPB à posséder, ce serait peut-être celui-là. D'ailleurs pour finir sur un solide argument d'autorité, le grand Caetano Veloso a dit que la voix de Milton est "si élevée qu'on dirait qu'elle a été faite pour transposer les montagnes de Minas Geraes"... 6/6
Milton Nascimento, Milagre dos Peixes (1973) Le successeur de "Clube da Esquina" est très surprenant aux premières écoutes, car plus expérimental et instrumental (les paroles étant censurées par la dictature alors en place au Brésil...). Le résultat est original, émotionnellement puissant et assez "trippant", si je puis dire, avec des compositions toujours aussi jouissives.
MPB-4 & Quarteto em Cy, Sem Limite Une compilation de ces deux célèbres groupes de chanteurs/chanteuses brésiliens, qui reprennent de grands standards populaires. 4.5/6
Tom Zé, Jogos de Armar (2000) Comme son titre l'indique ("jeux de constructions - faites-le vous-même"), cet album de Tom Zé est un jeu musical, aux multiples influences, basé sur une grande collection de samples. C'est très inventif et original mais pas très facile d'accès, il faut bien le reconnaître.
Beck, Midnite Vultures (1999) Album à la fois très inventif (comme toujours avec Beck), funky et marrant, mais assez bancal et pas toujours digeste ni convaincant ("Hollywood Freaks").
4/6
Sufjan Stevens, Illinois (2005) Sans doute l'album de l'année, et futur classique. Grosse baffe, pop-folk subtile, riche, dense et jouissive, qui devrait plaire au plus grand nombre.
5.5/6
Queens of the Stone Age, Lullabies to Paralyse (2005) On croyait le groupe de Josh Homme au sommet avec l'excellent Songs for the Deaf, mais ce nouvel album prouve qu'il sait toujours aussi bien faire des chansons de métal psychédélique incroyablement efficaces et tubesques. Décidément, l'année 2005 est bonne.
Grandaddy, Under the Western Freeway (1997) Quelque part entre Mercury Rev et Pavement, avec des sonorités techno assez marrantes, c'est un album très plaisant d'indie rock.
4.5/6
October 05 PolitiqueJ'ai la chance cette année d'apprendre beaucoup de choses en économie, droit, ressources humaines, gestion, finances, etc. En économie on part de la base en se questionnant sur les notions fondamentales: valeur ajoutée, croissance du PIB, inflation, productivité, coût salarial unitaire, etc: qu'est-ce que c'est exactement, et à qui ça profite éventuellement ? On entend presque tous les jours (on est carrément conditionnés) qu'il faut favoriser la croissance tout en maîtrisant l'inflation, pour créer des emplois notamment... mais qui parmi les français serait capable d'expliquer rationnellement pourquoi, quels sont les mécanismes économiques mis en jeu, etc., à part ceux qui sortent de Sciences Po ou d'HEC ? De même, il est bien utile de comprendre comment fonctionne une entreprise, quel est le rôle des actionnaires par exemple, etc. A partir de là, je me pose la question: comment peut-on s'intéresser à la politique sans connaître (au moins) les principes économiques de nos sociétés ? Pas étonnant que pas mal d'entre nous votent "à la gueule", ou pas du tout, ou comme ses parents sans vraiment réfléchir, ou seulement pour protester en votant pour des extrémistes. Pourquoi n'enseignerait-on pas ces principes de base assez tôt, dans les classes générales comme la 3ème ou la 2nde, comme l'éducation civique ? Sans préférence partisane bien sûr, juste objectivement, pour éviter que les passions prennent le dessus. La démocratie y gagnerait, car elle ne sert à rien quand l'ignorance règne... Comme ça se fait dans certaines universités, on pourrait aussi distribuer gratuitement des journaux de qualité et relativement neutres, comme Le Monde, dans les lycées par exemple, pour encourager les jeunes à s'intéresser au monde et à mieux le connaître. Ca changerait de Métro et autres 20 minutes, qui n'offrent pas d'analyses très poussées (euphémisme).
September 09 Découvertes musicales de septembreAntonio Carlos Jobim, Wave (1967) http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&token=ADFEAEE47E1BD346A57220D09A3A47DBAD63E606CC40F2871A005354D4BA3E068B1F6AC966D28A88D1BC28F871B0FD27BB580FD3CFA25FF6D860373C89FED71D&sql=10:yzarqjoyojfa Un des albums fondamentaux de la bossa nova (sorte de jazz brésilien, mêlé de samba) par un des fondateurs du genre, presque entièrement instrumental. Sans doute connaissez-vous déjà le carioca Tom Jobim sans le savoir; sa chanson la plus connue est "The Girl from Ipanema" co-composée avec le poète Vinicius de Moraes et chantée notamment par Astrud Gilberto. Eh bien, c'est le même genre de chansons que l'on trouve dans cet album merveilleux, assez minimaliste mais beau, subtil, doux et délicat.
6/6
Original Soundtrack, Black Orpheus (Orfeu Negro) (1959) La célébrissime BO de la Palme d'Or 1959, Orfeu Negro de Marcel Camus, où l'on retrouve trois grands noms de la bossa nova: Tom Jobim, João Gilberto et Luiz Bonfá. Résultat: au moins trois classiques incontournables: "A Felicidade", "Manhã de Carnaval" et "Samba de Orfeu", et de nombreux extraits festifs du carnaval de Rio.
5.5/6
Opeth, Ghost Reveries (2005) Opeth est un groupe atypique, qui sévit depuis 1990 et ne cesse de progresser. Car personnellement, j'ai rarement entendu une musique aussi prenante, belle, mélancolique, et qui sache autant varier les ambiances sur des titres durant une dizaine de minutes en moyenne. Certes les riffs de guitares sont répétés à l'envi dans une même chanson, mais les répétitions passent étonnamment bien, et Mikael Åkerfeldt sait user de sa voix death comme de sa voix claire à la perfection. Il faut le faire pour obtenir des chansons aussi cohérentes qui contiennent pourtant des passages de death-métal ultra-bourrin et d'autres acoustiques tout en finesse. Leur huitième album, Ghost Reveries, est sorti en 2005, et c'est peu dire que les fans de métal attendaient Opeth au tournant après l'excellent diptyque Deliverance/Damnation (2002-2003) - schématiquement: le premier explorant la face agressive du groupe, le second la face mélodique et acoustique. Finalement Opeth n'a pas choisi entre ces deux tendances, qui sont plus que jamais présentes dans Ghost Reveries. Ce n'est pas pour autant une suite directe à leur chef-d'oeuvre Blackwater Park (2001), car le groupe s'est enrichi d'un nouveau membre permanent aux pianos et mellotron, ce qui apporte une nouvelle dimension à sa musique. De plus, Steven Wilson, leader du mésestimé groupe britannique Porcupine Tree, n'est plus aux manettes de la production pour cause d'indisponibilté. Cependant, que les fans soient rassurés: si, comme d'habitude, les premières écoutes peuvent dérouter, on retrouve vite nos marques et les ingrédients d'Opeth. La première chanson - la puissante et complexe "Ghost of Perdition" - est d'ailleurs parfaitement représentative du groupe. Mais peut-on encore dire d'Opeth que c'est un groupe de death-métal ? Sans doute plus. Les voix death sont toujours présentes, mais minoritaires, et les influences dominantes de l'album sont plutôt le (très) heavy et le progressif, le tout dans une ambiance très dark (ce qui est confirmé par l'artwork et les paroles) et relativement moderne. On pense parfois à Tool, Symphony X, Dream Theater... Les voix du parolier-compositeur-guitariste-chanteur Mikael Åkerfeldt n'ont jamais été aussi variées. 4 titres sur 8 dépassent les 10 minutes. Il est difficile et presque futile de sélectionner certains titres en particulier tant la qualité est homogène (à quelques lourdeurs près) et le disque est cohérent; mais les sommets sont peut-être atteints dans la suite "Atonement - Reverie / Harlequin Forest" pour sa beauté et dans le tubesque (voire commercial, mais rassurez-vous, ce n'est pas près de passer sur NRJ tout de même) "The Grand Conjuration" pour son efficacité, malgré son riff un peu grossier. Ce titre surpuissant, qui fait d'ailleurs beaucoup penser à "Blackwater Park" (la chanson), devrait très bien fonctionner en concert. Alors, est-ce le meilleur album d'Opeth ? Pour moi, non. Parce qu'il est un peu froid - Orchid ou Blackwater Park sont plus émouvants. La faute peut-être à une production "à la scandinave" - c'est-à-dire presque trop parfaite, trop lisse. Les guitares sont aussi peut-être trop sages, les grandes envolées étant assez rares. Toutefois, au niveau de la composition, c'est parmi ce qu'Opeth nous a offert de mieux (même si l'effet de surprise n'est plus aussi grand), et avec huit chefs-d'oeuvre en autant d'albums, le groupe entre définitivement dans la cour des plus grands groupes de métal de tous les temps, aux côtés de Metallica, Dream Theater et quelques autres. A la fois complexe, beau, puissant, épique, mystique, difficile mais subtil... L'un des meilleurs albums de l'année, même si les magazines hors métal se feront un plaisir de l'ignorer dans leurs classements.
5.5/6
September 06 Films vus cet étéBertrand Blier, Buffet froid (1979) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2651.html 4/6
Martin Scorsese, Age of innocence / Le temps de l'innocence (1993) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8345.html 4.5/6
Robert Luketic, Monster-in-law / Sa mère ou moi ! (2003) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=53933.html 2.5/6
Christopher Nolan, Batman begins (2004) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=51013.html 3.5/6
Alfred Hitchcock, Rear window / Fenêtre sur cour (1954) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=983.html 3.5/6
Fernando Meirelles & Katia Lund, Cidade de Deus / La cité de Dieu (2002) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=45264.html 5.5/6
Lone Scherfig, Italiensk for begyndere / Italian for beginners (2000) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=32820.html 4/6
Steven Spielberg, Close encounters of the third kind / Rencontres du 3ème type (1977) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=881.html 4/6
Martin Scorsese, Kundun (1997) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=17645.html 4/6
Cédric Klapisch, Les poupées russes (2004) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=55984.html
3.5/6
Tony Scott, Spy game / Spy game, jeu d'espions (2001) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=29275.html 3.5/6
François Desagnat & Thomas Sorriaux, Les 11 commandements (2003) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=51366.html 1/6
Gabriele Muccino, L'Ultimo bacio / Juste un baiser (2001) http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=37643.html 4/6
Désolé, j'ai vraiment la flemme de commenter chacun de ces films...
September 05 Découvertes musicales de l'étéElis Regina, Fascinação: O melhor de (compilation) Elis Regina la portoalegrense est un bonheur à écouter, que ce soit sur ses chansons énergiques, entraînantes, dansantes, ou sur ses chansons plus graves, émouvantes (composées par les plus grands noms brésiliens). Un véritable coup de coeur pour cette reine de la MPB (musique populaire brésilienne).
5.5/6
Astrud Gilberto, The Astrud Gilberto album (1965) Astrud chante sur les compositions de Tom Jobim, dont "The Girl from Ipanema". La voix d'Astrud est un délice, qu'elle chante en anglais ou en portugais, et l'accompagnement magnifique. La petite demi-heure passe très vite...
5.5/6
João Gilberto, Millenium (compilation) Une compilation (pas la meilleure) d'un des papes de la bossa nova. On y retrouve notamment les grands classiques (co-)composés par Tom Jobim: "The Girl from Ipanema" (chantée par sa première femme Astrud), "Corcovado", "Desafinado". Sa voix douce et reposante y fait merveille.
5/6
Chico Buarque de Hollanda, Millenium (compilation) Une compilation du lover brésilien, un des grands noms de la MPB, devenu une véritable pop star là-bas. Un régal, idéal pour se mettre de bonne humeur.
4.5/6
Varous Artists, Blue Brazil: Blue Note in a Latin Groove (compilations, 3 volumes) Une compilation de musique brésilienne des plus efficaces, très variée, couvrant plusieurs décennies. Les tubes ne manquent pas, notamment "Mas que nada", "Os grilos", "Berimbau", "Ponteio", "Chove chuva", "Tudo que você podia ser", etc.
5/6
August 31 Métaphysique et psychologieMes lectures estivales furent plutôt philosophico-spirituelles, et instructives: je dois dire que je ne vois plus vraiment la vie comme avant, désormais.
L'ambitieux recueil de citations de Shrî Aurobindo, Métaphysique et psychologie (oui, rien que ça), m'a particulièrement intéressé, même si ce n'est pas vraiment une lecture "facile". Aurobindo a fait sa propre synthèse de toutes les théories et expériences concernant le divin, l'être humain et l'univers (les trois étant finalement très liés), fortement influencée par la religion hindouiste.
Pour la plupart des occidentaux modernes qui suivent le paradigme mécaniste datant en gros de Newton et Descartes, beaucoup des théories énoncées peuvent paraître farfelues, irrationnelles ou paranormales. Même si je reste assez sceptique sur pas mal de choses qu'il affirme, ses talents rhétoriques et les "preuves" (essentiellement mystiques et/ou yoguiques) qu'il avance ont de quoi faire douter le matérialiste le plus radical.
Je vais citer quelques exemples des théories d'Aurobindo que la plupart d'entre nous rejetteraient avec moquerie:
- la notion de conscience dans la matière
- l'existence de mondes parallèles
- l'idée de plan divin dans l'évolution sur Terre
- les incarnations divines (Krishna...)
- le karma (individuel et collectif)
- les réincarnations des âmes (et pas seulement dans les êtres humains), les résurrections
- la possibilité de se souvenir de ses vies passées
- la possibilité d'avoir des rapports avec les morts; l'existence de "fantômes"
- le contact possible avec le subliminal dans les rêves (d'où les rêves prémonitoires, etc.)
- la télépathie
- la possibilité de prédire l'avenir (par l'astrologie ou autre)
- etc etc.
Tout cela s'inscrit dans une vaste théorie (mais déduite d'expériences "pratiques": mystiques ou yoguiques, donc le procédé est "scientifique" en quelque sorte) extrêmement riche, impressionnante et complexe, dont je parlerai davantage quand j'aurai le temps - peut-être la semaine prochaine. Elle concerne l'évolution de la vie sur Terre, la nature de l'être humain selon 7 plans principaux, la notion d'âme, de supramental, de mental circumconscient, de subliminal, etc., avec en toile de fond les grandes théories hindouistes et advaïtistes sur le Brahman, l'Un, le Moi universel, etc.
Tous ces faits - ou théories - à première vue "irrationnels" sont pourtant corroborés (IMHO) par un grand nombre de phénomènes que la science traditionnelle ne peut plus ignorer: le mysticisme (vécu et décrit par Mâ Ananda Moyî, par exemple), les NDE (expériences de mort imminente, très documentées), la télépathie, les rêves prémonitoires, les guérisons et autres miracles, la magie et l'exorcisme, la mécanique quantique et ses bizarreries, etc., tout cela a de quoi nous faire réfléchir. Jung était d'ailleurs sans doute dans le vrai en parlant d'inconscient collectif et de synchronicité.
Bref, à suivre... ;) Toute contribution sera la bienvenue, le sujet m'intéressant beaucoup.
![]() August 11 La quête du bonheurComme je m'ennuyais un peu dans l'avion, j'ai écrit ces quelques pensées... qui n'ont vraiment rien d'extraordinaires, mais il faut bien que je mette un peu à jour ce blog pour prouver qu'il ne dépérit pas... ;) surtout que je repars en vacances !
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De nombreux philosophes et la plupart des gens affirment que l'homme a pour but ultime de trouver le bonheur.
Pourtant, à y regarder de plus près, ce n'est pas si évident que ça.
Certains faibles d'esprit ont l'air très heureux, certainement plus que nous autres, "intelligents" (soi-disant) mais compliqués et stressés. Pourtant, peu d'entre nous voudraient être lobotomisés, non ? Heureux, oui, mais pas imbécile heureux...
Certaines personnes, vivant dans la beauferie, la médiocrité et sachant rire de tout, surtout des choses vulgaires, paraissent joyeuses en permanence. Et pourtant, on a la conviction que l'idéal n'est pas là, que l'homme vaut mieux que ça - qu'il n'est pas qu'un animal raisonnable...
Une autre façon d'être heureux (en apparence) est d'être drogué et de vivre dans l'illusion, le mensonge. C'est le soma du Meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Mais là encore, ce n'est guère une condition acceptable moralement, ni enviable.
Car - je pense - l'homme cherche idéalement à être libre et à accomplir quelque chose de sa vie: ne pas vivre dans la médiocrité, mais avoir une vie riche, sociale, spirituelle, amoureuse. Sans amour ni liberté (deux choses d'ailleurs très liées), le véritable bonheur n'est probablement pas possible.
July 07 Grandes vacancesToutes mes excuses à mes fidèles amis bloggers (
J'espère que j'aurai des choses à dire en rentrant
Bonnes vacances ou bon courage, selon votre situation, et à bientôt... ;)
![]() Edit 11/08: que saudade...
June 21 Le but de la vieQuel est le but, le sens de la vie humaine ? - une question que je me suis maintes fois posée, comme beaucoup j'imagine... Je me contenterai aujourd'hui de rapporter ce qu'en dit Krishnamurti, qui est encore une fois remarquable. "Nombreux sont ceux qui prétendront vous montrer quel est le but de la vie et vous expliquer ce qu'en disent les écritures. Des gens habiles continueront à attribuer à l'existence des buts inventés de toutes pièces. Tel groupe politique se proposera un but, tel groupe religieux un autre, et ainsi de suite, à l'infini. Quel but peut bien avoir votre vie, alors que vous êtes vous-même en pleine confusion ? Lorsque je suis en proie à la confusion, si je vous demande: "Quel est le but de l'existence ?" c'est parce que j'espère qu'à travers toute cette confusion, je vais trouver une réponse. Comment puis-je trouver une réponse véridique alors même que je suis plongé dans la confusion ? Est-ce que vous comprenez ? Si je suis dans la confusion, la réponse que je reçois ne peut être elle-même que confuse. Si j'ai l'esprit confus, perturbé, si mon esprit manque d'harmonie, de tranquillité, toute réponse, quelle qu'elle soit, me parviendra à travers cet écran de confusion, d'angoisse et de peur; par conséquent, la réponse sera pervertie. L'important n'est donc pas de demander: "Quel est le but de la vie, la finalité de l'existence ?", mais de dissiper la confusion qui est en vous. C'est comme un aveugle qui demanderait: "Qu'est-ce que la lumière ?" Si je lui explique ce qu'est la lumière, il écoutera en fonction de sa cécité, des ténèbres qui sont les siennes; mais supposons qu'il puisse voir - dans ce cas, jamais il ne demandera: "Qu'est-ce que la lumière ?" puisque la lumière est là.
June 19 S'il devait n'en rester que 10...Petit jeu: je vais citer les 10 albums qui m'ont vraiment marqué dans ma culture musicale et que je ne renie pas aujourd'hui. Evidemment, 10, c'est très peu, et ça me fait très mal de ne pas pouvoir inclure d'autres groupes importants, mais il faut bien se limiter :)
Note allmusic: 5/5 Oui, il fut un temps où Metallica faisait de la bonne musique :) Après avoir inventé le thrash avec "Kill'em All", ils ont sorti ce bijou (le premier d'une série de trois ou quatre), contenant quelques perles de "thrash mélodique". "Fade to black", meilleure chanson métal de tous les temps ? Sans doute.
Guns N' Roses - Appetite for Destruction (1987)
Note allmusic: 5/5 Mon album préféré de hard-rock, même si j'apprécie aussi beaucoup Led Zeppelin. Aucun remplissage, deux énormes tubes ("Welcome to the jungle" et le slow déchirant "Sweet child o' mine", classique parmi les classiques), un esprit purement rock'n'roll, bref j'adore. Il paraît qu'ils ont pompé les Rolling Stones; peut-être, mais il faudra m'expliquer pourquoi les Stones m'ennuient profondément et pas les Guns (du moins sur cet album)...
Rage Against The Machine - Rage Against The Machine (1992)
Note allmusic: 4.5/5 Quel choc à sa sortie ! J'étais jeune pourtant. Un mélange improbable de rap et de métal rageur, sur fond de textes révolutionnaires communistes. A des lieux des bouses rap-métal actuelles (Limp Bizkit, Linkin Park, etc.) et de leurs albums suivants, "RATM" reste culte tant d'années après. Les dix chansons sont toutes aussi efficaces les unes que les autres, et le single "Killing in the name" donne toujours autant envie de tout péter :)
Alice in Chains - Jar of Flies (1994)
Note allmusic: 4/5 Un mini-album de toute beauté, pourtant écrit et enregistré en une semaine. D'une tristesse et d'une noirceur rarement égalées, purement grunge musicalement et textuellement, "Jar of Flies" me fait presque pleurer à chaque écoute tellement il est émouvant et sincère. Le duo de voix est absolument magique.
Nine Inch Nails - The Downward Spiral (1994)
Note allmusic: 4/5 Le plus grand album de métal indus de tous les temps, sans aucun doute. Bizarre, malsain, décadent, cathartique, sophistiqué, intense... autant d'adjectifs pour le qualifier. Trent Reznor raconte sa descente aux enfers d'une façon qui ne trompe pas. Un album difficile mais majeur et sans équivalent.
Marilyn Manson - Antichrist Superstar (1996)
Note allmusic: 4.5/5 L'album qui m'a le plus marqué personnellement (je pense l'avoir écouté - sans rire ! - près de 2000 fois). On peut penser ce qu'on veut du personnage, mais je pense que cet album restera dans l'histoire du rock. Et pas seulement musicalement: le visuel, le concept, les clips, la mise en scène de la tournée "Dead to the world", les incroyables polémiques qu'il a suscitées, etc., tout ce qui l'a accompagné est presque aussi important que la musique. Musicalement pourtant, c'est déjà incroyable, entre les brûlots quasi-death ("Irresponsible hate anthem", "1996", "The reflecting god"), les expérimentations indus/goth ("Cryptorchid"), les chansons désespérées ("Minute of decay", "Man that you fear"), etc., le tout magnifié par la production, volontairement crade et apocalyptique, de Trent Reznor.
In The Woods... - Omnio (1997)
Note allmusic: 4.5/5 Un groupe de métal atmosphérique norvégien totalement underground, et aujourd'hui séparé. Un duo de voix, dont l'une féminine lyrique. Une ambiance mélancolique à la Anathema. Tout simplement l'un des plus beaux albums que je connaisse, même s'il ne fait pas l'unanimité, loin de là. C'est de là que je tire mon pseudo, en passant.
Dream Theater - Metropolis Pt. 2 - Scenes From a Memory (1999)
Note allmusic: 4/5 Difficile d'en choisir un parmi tous les Dream Theater, maîtres du métal progressif, tant la qualité est homogène. Je choisis celui-là pour son côté conceptuel, sa virtuosité, et pour le solo inoubliable de "Home".
Tool - Lateralus (2001)
Note allmusic: 4/5 Si "Aenima" est leur album-culte, son successeur "Lateralus" est pour moi l'album parfait de Tool. Pas d'interludes foireux cette fois, mais une grande homogénéité, une ambiance sombre, froide et métallique (accentuée par les clips géniaux), une voix fantômatique, des sonorités qui lorgnent parfois vers l'indus et l'oriental... Unique, inégalé, et indispensable.
Opeth - Blackwater Park (2001)
Note allmusic: 4.5/5 J'aurais presque pu citer n'importe lequel de leurs cinq premiers albums, mais celui-ci est le plus connu. Que dire ? Il faut écouter pour comprendre. Un mélange de death-métal et de rock progressif, des interludes acoustiques (guitare, piano) de toute beauté qui nous "reposent" après des passages "bulldozer". Derrière le mur de grosses guitares et les voix gutturales se cachent pourtant une émotion et une sensibilité rares. Il n'y a sans doute pas plus de 1% de la population (je ne dis pas ça par élitisme) qui puisse supporter une musique d'une telle violence, mais ceux qui en font partie prendront leur pied comme rarement. Et se surprendront à gueuler en même temps que Mikael Åkerfeldt.
Edit 11/11/2005: Mon top 10 a pas mal changé depuis. La nouvelle liste est ici: http://spaces.msn.com/members/aleski/PersonalSpace.aspx?_c01_ListID=cns!1psxdDYkc3uix61ZUhux7cOQ!970&_c=links:e4209c8e Découvertes musicales de juinDream Theater, Octavarium (2005) Dream Theater, incontestablement le plus grand groupe de métal progressif, revient avec un nouvel album, le plus mou depuis le très pop "Falling into infinity" (1997). C'est d'autant plus étonnant que le précédent, le très technique "Train of Thought", était leur album le plus métal.
4.5/6
System of a Down, Mesmerize (2005) System of a Down s'est imposé en 3 albums comme le groupe le plus déjanté du métal (pris au sens large). Ce nouvel album ne déroge pas tellement à la règle, mais l'effet de surprise n'est plus, et certaines chansons sonnent plus commerciales que précédemment. Fait nouveau, le guitariste chante souvent en duo avec le chanteur pour un résultat qui peut diviser. Les paroles n'y vont pas par quatre chemins, souvent revendicatives et thrash. En fait, le seul véritable défaut à cet album est sa durée: 36 minutes.
4/6
Mass Hysteria, De Cercle en Cercle (2001) Néo-métal et chant en français: a priori tout ce que je déteste. Mais là, il faut reconnaître que ça marche plutôt bien. Le son de guitare notamment est très sympa. Une sorte de Deftones français, qui doît être bien festif en concert.
4/6
June 10 Ego, go !(Veuillez me pardonner pour ce titre pourri :)
J'ai lu un recueil de certains de ses discours regroupés en grands thèmes (e.g. la connaissance de soi, la peur, l'amour, la mort, la pensée, le conditionnement, etc.). Ainsi ça se lit très vite et facilement. De plus, le style de Krishnamurti est limpide, et ses pensées sont concrètes et très cohérentes entre elles. J'ai pensé à quelques-unes de mes précédentes lectures en le lisant: il y a du Pascal dans ses pensées (sur la perception du temps et le moi), du Descartes (sur l'objectif d'atteindre la vérité, même si les moyens sont différents), ou encore du Nietzsche (pour la quête de la liberté via le déconditionnement). Mais ça reste assez unique et original, et paraîtra spirituel aux lecteurs occidentaux matérialistes. Cet indien à la vie assez exceptionnelle - on a voulu faire de lui un gourou dans sa jeunesse mais il a très vite dissous la "secte" qui s'était constituée autour de lui - a quelques leitmotivs: - La nécessité pour chacun de nous de prendre conscience de tous nos conditionnements (croyances, idéologies, préjugés, mais aussi notre expérience personnelle, voire la pensée elle-même, fruit du passé et de notre mémoire conditionnée !) pour s'en dégager, atteindre la connaissance de soi (qui n'a rien à voir avec l'introspection) et accéder ainsi à la liberté, la vertu, le bonheur, la vérité, la sagesse... "La vérité est un pays sans chemin". - L'éveil à la non-dualité, à la vision directe, pénétrante et non fragmentaire, la non-division entre le penseur et la pensée - c'est d'ailleurs par cette prise de conscience qu'on peut accéder à la connaissance de soi, à l'esprit silencieux, capable d'amour, capable de regarder et d'entendre sans juger, sans pensée, sans "moi", sans division, en paix, hors du temps, libéré de la peur. J'aime particulièrement ses pensées sur la connaissance de soi, l'ego (le "moi") et l'amour. En attendant de faire un résumé de ses discours sur chaque grand thème abordé dans le livre (si je trouve le temps et le courage, mais cet auteur mérite d'être davantage connu), je vais aujourd'hui vous parler de l'ego, du moi, de l'amour-propre. Pascal en parlait déjà de façon remarquable (citation 150, voir anciens billets) et cinglante ("le moi est haïssable"). Extraits: "La nature de l'amour propre et de ce moi humain est de n'aimer que soi et de ne considérer que soi. Mais que fera-t-il ? Il ne saurait empêcher que cet objet qu'il aime ne soit plein de défauts et de misères; il veut être grand, et il se voit petit; il veut être heureux, et il se voit misérable; il veut être parfait, et il se voit plein d'imperfections; il veut être l'objet de l'amour et de l'estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris." "Ainsi la vie humaine n'est qu'une illusion perpétuelle; on ne fait que s'entre-tromper et s'entre-flatter." En disant "cet objet qu'il aime", Pascal voit déjà le phénomène de division entre l'observateur et l'observé, thème cher à de nombreux philosophes, surtout orientaux. Krishnamurti, lui, montre que le moi est la possession, qui cherche à combler la vacuité de notre esprit - or il faut accepter cette vacuité, car seul l'esprit silencieux est véritablement au contact de "ce qui est", de la vérité, et peut connaître l'amour. "La renonciation, le sacrifice de soi, ce n'est pas un geste de noblesse digne d'éloge et d'exemple. Nous possédons, parce que sans possession nous ne sommes rien. Les possessions sont multiples et variées. Celui qui ne possède pas de biens matériels peut être attaché au savoir, aux idées, un autre peut être attaché à la vertu, un autre à l'expérience, un autre au nom et à la renommée, et ainsi de suite. Sans possessions, le "moi" n'est pas; le moi est la possession, le mobilier, la vertu, le nom. Dans sa peur de n'être rien, l'esprit est attaché au nom, au mobilier, à la valeur; et il y renoncera afin d'accéder à un niveau supérieur, le plus haut étant le plus gratifiant, le plus permanent. La peur de l'incertitude, la peur de n'être rien, conduit à l'attachement, à la possession. Lorsque la possession est insatisfaisante, ou devient douloureuse, nous y renonçons au profit d'un attachement plus agréable. La possession ultime, la plus gratifiante, et le mot Dieu, ou son substitut, l'Etat. ...Tant que vous ne voulez pas être rien, ce qu'en fait vous êtes, vous engendrerez immanquablement la souffrance et l'antagonisme. Accepter de n'être rien n'est pas affaire de renonciation, d'obligation intérieure ou extérieure, mais de voir la vérité de ce qui est. Voir la vérité de ce qui est libère de la peur de l'insécurité, cette peur qui engendre l'attachement et conduit à l'illusion du détachement, du renoncement. L'amour de ce qui est est le commencement de la sagesse. L'amour seul partage, seul il peut communier; mais le renoncement et le sacrifice de soi sont les voies de l'isolement et de l'illusion." "Nous sommes les choses que nous possédons, nous sommes ce à quoi nous tenons. Il n'y a aucune noblesse dans l'attachement. L'attachement au savoir ne diffère en rien de toute autre forme de dépendance agréable. Dans l'attachement, le moi s'absorbe en lui-même, que ce soit au niveau le plus bas ou le plus élevé. L'attachement est l'illusion du moi, une tentative pour fuir le vide du moi. Les choses auxquelles nous sommes attachés - biens, personnes, idées - deviennent de la plus haute importance, car, privé des multiples choses qui comblent sa vacuité, le moi n'existe pas. La peur de n'être rien incite à posséder, et la peur engendre l'illusion, l'asservissement aux conclusions. Les conclusions, matérielles ou idéologiques, font obstacle à l'épanouissement de l'intelligence, à cette liberté sans laquelle la réalité ne peut pas se faire jour; et sans cette liberté, l'habileté passe pour de l'intelligence. Les voies de l'habileté sont toujours complexes et destructrices. C'est cette habileté, protectrice du moi, qui conduit à l'attachement; et lorsque l'attachement cause la souffrance, c'est cette même habileté qui recherche le détachement et jouit de l'orgueil et de la vanité de la renonciation. La compréhension des voies de l'habileté, des voies de l'ego, est le commencement de l'intelligence." "Pour comprendre la relation, il faut avoir des choses une conscience passive, qui ne détruise pas la relation, mais qui, au contraire, lui insuffle un surcroît de vitalité et de sens. Il y a alors dans cette relation une possibilité d'affection réelle, une chaleur, une proximité, et il ne s'agit pas d'un simple sentiment, ni d'une simple sensation. Et si nous pouvons aborder ainsi toute chose, avoir avec toute chose cette même relation, alors nos problèmes - de propriété, de possession - se résoudront aisément. Car nous sommes ce que nous possédons. Celui qui possède de l'argent est l'argent. Celui qui s'identifie à sa propriété est la propriété, la maison, ou le mobilier. Il en va de même avec les idées ou les personnes: lorsqu'il y a possessivité, il n'y a pas relation. Mais, dans la plupart des cas, nous possédons parce que, sans cela, nous sommes totalement démunis. Nous sommes une coquille vide si nous ne possédons pas, si nous ne remplissons pas notre existence de meubles, de musique, de connaissances, de ceci ou cela. Cette coquille fait beaucoup de bruit, et c'est ce bruit que nous appelons la vie; et nous nous contentons de cela. Et lorsqu'il se produit une cassure, quand tout cela se brise, alors vient la souffrance, parce que vous vous découvrez soudain tel que vous êtes - une coquille vide qui ne veut plus dire grand-chose. Donc, être conscient de tout le contenu de la relation, c'est cela, l'action, et à partir de cette action une véritable relation devient possible, et il devient possible d'en découvrir la profondeur, la signification immenses - et de savoir ce qu'est l'amour." Personnellement, ces paroles m'ont bien aidé (à combattre l'attachement, la jalousie...). De plus, elles sont tellement claires qu'il n'y a pas grand chose à commenter :) Je trouve cette façon de lier le moi avec la peur, l'attachement, le renoncement, l'amour etc. vraiment remarquable. Dans un autre excellent discours, Krishnamurti montre d'ailleurs que dans l'amour, le moi n'est pas - lire ici: http://sergecar.club.fr/textes/krishna6.htm. Il est intéressant de voir à quel point notre ego intervient sans cesse et crée des conflits. C'est particulièrement visible dans les forums de discussion (que je connais bien): les débats tournent très vite en guéguerres d'ego stériles, à coups de "non c'est moi qui ai raison". Pour le bien de l'humanité il faudrait dépasser cela ! Mais dans la société post-moderne très individualiste qui est la nôtre, ce n'est pas très étonnant que ce soit ainsi. Chacun cherche à exister, notamment médiatiquement. On veut passer à la télé dans des émissions débiles uniquement pour que les gens parlent de soi. Bientôt on aura tous son blog, de la même façon qu'on a tous un numéro de téléphone, même (surtout ?) quand on n'a rien à dire (en revanche, on veut que les visiteurs laissent des commentaires, car ça flatte). A ce sujet, je laisse le mot de la fin à Pascal: "La vanité est si ancrée dans le coeur de l'homme qu'un soldat, un goujat, un cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs, et les philosophes même en veulent, et ceux qui écrivent contre veulent avoir la gloire d'avoir bien écrit, et ceux qui les lisent veulent avoir la gloire de les avoir lus, et moi qui écris ceci ai peut-être cette envie, et peut-être que ceux qui le liront..."
May 21 VacancesAprès ce petit billet culturel, je vous annonce que je risque d'être silencieux pendant deux semaines environ, pour cause de vacances en Tunisie, préparation de concours et travaux divers. A bientôt !
Les civilisations (3b) : l'IndeVous l'attendiez tous ( Toujours dans la troisième partie de la rubrique "Civilisations". A venir: le Japon
3. L'Extrême-Orient b) L'Inde Le subcontinent indien est diverse et son histoire est riche. Excepté lors de la colonisation anglaise, jamais par le passé l'Inde n'a été entièrement "occupée" par un Empire. En résumé: - 3000-1400 avant J.-C.: civilisation de l'Indus, méconnue. - L'Inde védique (de Veda = connaissance sacrée): deux millénaires dominés par l'invasion et l'installation de peuples aryens venus du Turkestan, qui se sont heurtés aux peuples indigènes déjà présents (pygmées, proto-méditerranéens, centre-asiatiques...). - L'hindouisme, qui apparaît au VIIe siècle, est un syncrétisme d'une ampleur considérable et constitue l'essentiel de la civilisation indienne. Le jaïnisme et le bouddhisme, supportés par les marchands, régressent avec le ralentissement de ces derniers, et connaissent des persécutions. L'Inde se morcelle en nombreux Etats indépendants, avec des langues parfois différentes. D'abord au nord, les brahmanes rassemblent les éléments védiques et post-védiques, les éléments non aryens assimilés depuis longtemps, les nombreux cultes locaux, etc., pour former l'hindouisme, destiné à unifier les religions. - L'Inde musulmane est esquissée dès 711-712 mais n'est réelle qu'à partir de 1206 avec la fondation du sultanat de Delhi. Une politique de terreur est engagée, avec la destruction des temples hindous, des exécutions et des conversions forcées, etc. Les fêtes et palais de Delhi contrastent avec la misère des peuples. Les sultans résistent à peu près au choc des premières invasions mongoles (Gengis Khan, XIIIe siècle). Mais l'Empire affaibli est renversé en 1526 par la poudre à canon de Barber, un musulman orthodoxe blanc et sunnite, qui fonde l'Empire du grand Mogol, qui durera jusqu'en 1857. - L'Inde anglaise (1757-1947): Dès 1498 avec Vasco de Gama, les portugais occupent l'Inde (avec leurs comptoirs), puis les français, les hollandais et surtout les anglais à partir de 1757 (victoire de Robert Clive), dominant l'Inde sans difficulté grâce à leur supériorité économique. Le pays devient un marché producteur de matières premières, la population se faisant exploiter. L'Inde est alors rurale et les paysans (ryots) très pauvres. Ce n'est qu'à partir des années 1920 que les industries modernes apparaissent, aidées par l'intervention de capitalistes hindous et l'essor de grandes villes.
Vishnu (aka Narayana) Krishna
May 17 EconomiesAvez-vous remarqué à quel point on cherche plus à faire de petites économies que de grandes ? Que souvent on se prive de petits plaisirs car on juge qu'ils coûtent trop cher, alors que par exemple quand on achète une voiture, on n'est plus à quelques centaines d'euros près ? - ce qui ruine toutes les petites économies accumulées... C'est marrant, il semblerait qu'on soit plus sensible aux valeurs relatives qu'aux valeurs absolues... (oui, encore une pensée à deux balles, je sais
Découvertes musicales de maiJeff Buckley, Grace (1994) Voilà un premier album qui était ultra-prometteur et qui porte bien son nom. Jeff Buckley (mort à 30 ans de noyade...) était très ambitieux et d'une sensibilité rarement égalée dans le rock. Sa voix possédée fait merveille notamment sur "Grace", "Hallelujah" (reprise de Leonard Cohen) et "Dream brother".
5/6
Porcupine Tree, Deadwing (2005) Après l'excellentissime In Absentia, les anglais de Porcupine Tree nous reviennent avec un nouvel album, mélange idéal de titres métal efficaces et de chansons prog rock d'une grande sensibilité, avec en sus deux invités prestigieux (le chanteur-guitariste d'Opeth et le guitariste de King Crimson). Rien à jeter.
5/6
Nine Inch Nails, With Teeth (2005) http://www.allmusic.com/cg/amg.dll?p=amg&token=ADFEAEE47E1BD346A57220D09A3A47DBAD63E606CC40F2871A005354D4BA3E068B1F6AC966D28A88D1BC28F87CB0FE29BB580FD3CFA25FF6DE66373D8BFED71D&sql=10:ag47gj4r56ic Enfin un nouvel album studio de NIN, six ans après le magistral The Fragile qui avait été relativement mal reçu. Le ton et les paroles (excellentes) nous font rapidement comprendre que Trent Reznor a su se guérir en partie de ses vieux démons et de sa solitude. Cet album se veut donc plus optimiste, plus efficace, voire plus commercial que les précédents. On peut regretter le manque d'originalité (relatif) de With Teeth, mais on peut aussi ne pas bouder son plaisir et se contenter d'apprécier les qualités d'écriture de Trent qui se confirment. La qualité de la production, la précision et le soin du détail sont toujours là. A écouter gratuitement (en streaming) sur http://www.myspace.com/ninofficial.
5/6
May 07 Cogito, ergo sumContinuant à lire les grands classiques de la philosophie occidentale, je viens de finir le Discours de la méthode (1637) de René Descartes (1596-1650). C'est assez frappant de constater à quel point ces quelques pages (une centaine) auront marqué l'ère moderne (contredisant le propos de Pascal: "Descartes inutile et incertain"), pour le meilleur et pour le pire. Le style est relativement décontracté, dans la mesure où Descartes raconte un peu sa vie et s'exprime en "langue vulgaire" (le français) pour s'adresser au plus grand nombre. En revanche, les phrases sont souvent d'une longueur assez incroyable, les rendant pas toujours très intelligibles. Moins argumenté que les Méditations métaphysiques (que je n'ai pas lues), le Discours est pourtant un bon manifeste de la philosophie cartésienne. Voici un très bref résumé de ses six parties, accompagnées de quelques citations:
- 1ère partie: "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée" Descartes nous dit qu'il veut présenter en quelle sorte il a tâché de conduire sa raison, en précisant avec force modestie que cette méthode n'est pas forcément celle que tout le monde doit appliquer. Il parle ensuite de l'éducation (prestigieuse) qu'il a reçue et de la volonté qu'il a eue de prendre du recul sur toutes ces connaissances et de voyager, "pour voir clair en [ses] actions et marcher avec assurance en cette vie". - 2ème partie: "C'est bien plus la coutume et l'exemple qui nous persuadent, qu'aucune connaissance certaine" "Le premier [précepte] était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle" Descartes continue à proclamer qu'il cherche à examiner par sa raison si tous les préceptes qu'on lui a inculqués sont réellement vrais, à distinguer le vrai du faux, et à se rendre indépendant de toute opinion extérieure en excluant toute préférence. Il donne alors les 4 "règles" de sa méthode qui correspondent aujourd'hui à ce qu'on appelle "l'esprit cartésien": en gros, le doute, la décomposition d'un problème complexe en sous-problèmes plus simples, l'ordre de la résolution et la vérification par le dénombrement. Ensuite il explique qu'il a appliqué ces préceptes tout simples pour résoudre toutes sortes de problèmes, en commençant par les plus simples et généraux, et en a déduit d'autres vérités, en algèbre et en d'autres sciences. - 3ème partie: "Dieu nous ayant donné à chacun quelque lumière pour discerner le vrai d'avec le faux, je n'eusse pas cru me devoir contenter des opinions d'autrui un seul moment, si je ne me fusse proposé d'employer mon propre jugement à les examiner" "En détruisant toutes celles de mes opinions que je jugeais être mal fondées, je faisais diverses observations et acquérais plusieurs expériences, qui m'ont servi depuis à en établir de plus certaines" De cette méthode, Descartes s'est forgé une morale provisoire afin de conserver quelques bases: obéir aux lois et aux coutumes de son pays, être ferme et résolu dans ses actions et suivre les opinions les plus probables et modérées, "tâcher toujours plus à [se] vaincre que la fortune et à changer [ses] désirs que l'ordre du monde", et enfin s'avancer autant que possible en la connaissance de la vérité. En cela Descartes est la définition même du philosophe ("qui aime la connaissance"). A ces maximes il ajoute la foi, dont les vérités sont les "premières en sa créance". De toutes les autres opinions, il jugeait qu'il pouvait librement s'en défaire. Pour mieux y parvenir, il décida de voyager encore pendant 9 ans. - 4ème partie: "Je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose" "Et ayant remarqué qu'il n'y a rien du tout en ceci: je pense, donc je suis, qui m'assure que je dis la vérité, sinon que je vois très clairement que, pour penser, il faut être: je jugeais que je pouvais prendre pour règle générale, que les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies; mais qu'il y a seulement quelques difficultés à bien remarquer quelles sont celles que nous concevons distinctement" "Il est pour le moins aussi certain, que Dieu, qui est cet Etre parfait, est ou existe, qu'aucune démonstration de géométrie ne saurait l'être" Vient alors la célèbre "démonstration" de la primauté du "je pense, donc je suis" (premier principe de sa philosophie, vérité ferme et assurée), en rejetant comme faux tout ce qui vient des sens, de la raison et des pensées. Descartes en déduit que l'âme est une substance pensante, distincte du corps. Ensuite, il cherche à prouver l'existence de Dieu par des démonstrations quelque peu fumeuses: en gros, l'idée qu'on a d'un être plus parfait que soi (cf. "c'est une plus grande perfection de connaître que de douter"), par sa réalité objective (représentant la nature divine), ne pourrait venir que d'un être parfait, autrement dit Dieu, car seule la nature divine est suffisamment parfaite pour en être l'origine - "il doit y avoir pour le moins autant de réalité dans la cause efficiente et totale que dans son effet"; et la preuve ontologique (qui sera critiquée par Kant) fondée sur l'essence de Dieu telle que l'idée de Dieu en nous nous la fait connaître, et qui comprend l'existence (la perfection est l'essence de Dieu, or la perfection comprend l'existence, donc Dieu existerait...). Mais pour cela, il faut arrêter de penser que tout ce qui n'est pas imaginable n'est pas intelligible, et savoir élever son esprit au-delà des choses sensibles (dont les idées de Dieu et de l'âme ne font pas partie), d'après Descartes. L'imagination ne portant que sur les choses matérielles, les doutes issus de l'expérience du rêve n'atteignent ni Dieu ni l'âme. Pour résumer, je cite les notes de l'éditeur: "La vérité des idées claires et distinctes se fonde sur leur réalité. C'est ainsi la perfection même de ces idées qui nous indique qu'elles viennent de Dieu. Et le fait qu'elles viennent de Dieu, qui est tout parfait, signifie qu'elles sont vraies." - 5ème partie: "Ceci ne témoigne pas seulement que les bêtes ont moins de raison que les hommes, mais qu'elles n'en ont point du tout" Descartes s'attaque ensuite aux lois de la nature, et expose notamment la doctrine de la création continuée. Il suppose que Dieu a d'abord créé le corps de l'homme puis lui a ajouté une âme raisonnable, contrairement aux animaux qui n'ont pas eu cette chance. Il parle ensuite de médecine avec ses théories sur le mouvement du coeur qui s'avèrent erronées... Puis il évoque sa fameuse théorie de l'animal-machine: les animaux n'auraient pas de raison et ne seraient que de simples automates créés par Dieu, ce qui explique leur extraordinaire complexité et fonctionnement. En affirmant la différence entre l'âme des bêtes et l'âme humaine, Descartes explique que cette dernière a de bonnes raisons d'être distincte du corps et d'être immortelle. - 6ème partie: "Nous pourrions employer [les connaissances] en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature" En guise de conclusion, Descartes explique pourquoi il a écrit ce texte et ce vers quoi il aspire, c'est-à-dire toujours plus de connaissance pour le bien de l'humanité, constituer une science universelle dont même la philosophie ferait partie. On voit bien que cette philosophie est à l'origine de toute la techno-science, dont la vocation était à l'origine humaniste: "il est possible de parvenir à des connaissances qui soient fort utiles à la vie" (jouir des fruits de la terre, conservation de la santé...), "qui rendent communément les hommes plus sages et plus habiles" et du positivisme, mais l'histoire (et le présent) nous en a montré les dérives et les limites... Comme l'a dit l'historien Lucien Febvre, Descartes vivait sa raison comme il vivait sa foi. J'imagine qu'à l'époque il était perçu comme un rebelle, bien que discret et tâchant à ne pas publier d'écrits qui fâcheraient l'Eglise (contrairement à Galilée). En tout cas, si on ajoute ses travaux mathématiques et physiques, on peut aisément se rendre compte que ce fut l'un des penseurs français les plus importants et influents de l'histoire...
Ma prochaine lecture sera un recueil de Krishnamurti, un auteur plus contemporain, oriental et spirituel donc...
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